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La lettre Aleph 1

Aleph א

 

Aleph signifierait « Taureau » – « ami » – « maître ».

 On sait que le nombre 26 est le nombre du tétragramme concentré dans une lettre : la première représente la totalité du monde, avec les eaux au-dessus et en-dessous du firmament qui les sépare : c’est la forme du aleph. Les eaux d’en-Haut représentent toute réalité en dehors de la nature, et les eaux d’en-bas représentent le monde de la nature. Dans une même lettre, la lettre aleph, nous trouvons le Yod qui désigne le monde d’en-Haut spirituel et qui se trouve aussi ici-bas, dans notre monde. Notre monde est une réplique du monde d’en-Haut. Je vis dans le Yod d’en-bas et ainsi je connais le yod d’En-haut. C’est comme si chacun de ces mondes était le reflet de l’autre. On dit que les eaux d’en-bas pleurent parce qu’elles veulent rejoindre le monde d’en-haut. Il y a eu une séparation et une aspiration à monter. Ces 2 yod ne sont pas symétriques. Celui d’En-haut regarde vers le monde spirituel et celui d’en-bas est tourné vers notre monde.

 Il y a deux forces en l’homme : la gravitation qui le plaque au sol et une force semblable au feu qui nous fait nous élever. C’est ce qui fait aussi que l’on peut retourner le aleph, la lettre peut pivoter.

Le vaw du aleph nous sépare aussi au point que dans la prière, certains « hassid » portent une ceinture pour bien séparer les deux mondes dans notre corps. Il est intéressant aussi de noter qu’en Egypte ancienne, le port de la ceinture rouge indique, sur les bas reliefs par exemple, que le personnage (roi ou reine…) exerce sa fonction sacerdotale.

Le vaw aussi unit : il désigne la conjonction « ET ». De plus, c’est une des lettres qui désignent la Torah. Si le spirituel et le matériel sont séparés, ce qui les unit c’est la Torah. C’est un des aspects de la Torah mais aussi une définition de l’homme.

Tous les mots qui désignent l’homme commencent par un aleph :

Adam : םדא

Ich : שיא

Enoch : שנא

Et ce n’est pas une mauvaise définition de l’homme : d’un côté il peut s’élever très haut et de l’autre tomber très bas. C’est de cette combinaison que sont constitués l’homme et le monde. C’est peut-être aussi l’essence divine, l’unité fondamentale des choses. Puisque le corps de l’homme est constitué de ces forces contradictoires, on dit que le vaw, c’est le diaphragme, il sépare la partie « négative » et la partie « positive » du corps, ainsi nous avons des eaux d’en-haut dans les poumons et des eaux d’en-bas dans le reste du corps. C’est la même chose pour les noms qui désignent D., ils commencent souvent par aleph.

Elohim : Ehyé : « Je serai qui je serai… »

Aleph est donc une grande concentration d’énergie divine, c’est une lettre très concentrée et pas seulement parce qu’elle est la première lettre, porteuse de tant de choses. Elle est tellement concentrée qu’il semble bien que les autres lettres, même si leur forme est plus complexe, ne portent pas une aussi lourde charge. Par exemple, le tétragramme commence par un yod, alors que le nom Adonaï (Seigneur) commence par un aleph : ינדא, parce que le tétragramme désigne la transcendance, alors que le nom Adonaï « Seigneur » recouvre la totalité de l’existence.

D’ailleurs le Seigneur Béni soit-il se désigne lui-même par un nom qui commence par aleph : « Je serai » : Ehyé (היהא)

Il a choisi cette lettre pour représenter la puissance à l’infini (cf. théorie des ensembles). L’Ein Sof , l’Infini : Ein Sof commence aussi par la lettre aleph : ןיא Aleph c’est UN (Ehad : UN commence aussi par aleph)

 

GUEMATRIA

L’Aleph peut être décomposé en plusieurs autres lettres. Dans une lecture aux éclats, comme dirait le philosophe rabbin Marc-Alain Ouaknin, on peut distinguer trois lettres dans son corps : deux Yod et un Vav.

Aleph les 2 Yods le Vav. Si on ajoute les valeurs numériques des trois éléments de l’Aleph nous obtenons Yod + Yod + Vav = 10 + 10 + 6 = 26. Ce qui correspond exactement à la valeur numérique du Tétragramme divin IHWH (10 + 5 + 6 + 5 = 26). De nouveau l’Aleph se confond avec le divin. Dans sa graphie pleine le mot Aleph s’écrit en trois lettres : Aleph, Lamed et Fé. Ce qui donne, 1 + 30 + 80 = 111, c’est-à-dire la proclamation par trois fois de l’Unité de Dieu que l’on retrouve dans l’expression sacrée Un est Élohim,

 

MIDRASH HA ‘HOKHMA de Juda Ben Salomon ha Cohen(1245-1247)

Traduction Colette Sirat in La lettre hébraïque et sa signification, CNRS, 1981

Aleph. Réfléchis bien au mot Émet, Vérité : il est composé de trois lettres très fortes et très solidement établies, qui sont soit le début de l’alphabet, soit son centre. L’Aleph représente l’intellect, c’est pourquoi on ne le trouve pas dans Met, la mort, car le corps sans intellect est mort. Aussi nos Sages ont-ils dit : « les Justes, même s’ils sont morts, sont appelés vivants et les méchants même durant leur vie, sont appelés morts » (Talmud Bab. Berakhot 18a). Il en est ainsi de dam, le sang, qui symbolise l’âme dépourvue d’intellect et qui se trouve dans les animaux. Mais si tu ajoutes l’Aleph, Adam, alors tu trouves l’homme qui, outre le corps et l’âme, est doué d’intellect.

Aleph, Yod, Qof. = a y q

Chaque mot est composé de trois mondes, afin d’expliquer que la providence divine s’épanche d’abord sur le monde spirituel et, de là, elle se répand sur la terre. Cette providence est organisée de manière à ce que chaque partie des trois mondes soit liée à une autre partie : ainsi la matière première dépend de l’existence de la première sphère et la première sphère dépend du premier intellect.

Aleph, Yod, Qof=a y q

LA LANGUE HÉBRAÏQUE RESTITUÉE, Favre d’Olivet, 1815

Premier caractère de l’alphabet dans presque tous les idiomes connus. Comme image symbolique, il représente l’homme universel, le genre humain, l’Être dominateur de la Terre. Dans son acception hiéroglyphique, il caractérise l’unité, le point central, le principe abstrait d’une chose. Employé comme signe, il exprime la puissance, la stabilité, la continuité… première lettre de l’alphabet

valeur numérique : 1

valeur numérique pleine, Aleph, Lamed, Fé : 111

sens : Taureau, enseignement

phonétique israélienne : h muet

phonétique originelle : petit coup de glotte

 

    Aleph est composée de trois parties :

– en haut un Youd à l’endroit, en bas un Youd à l’envers, un Vav pour réunir ces deux lettres. Cette composition attache le Aleph au Tétragramme car les trois lettres Youd, vav, youd totalisent 26, valeur du nom de D-ieu.
Les 2 youd établissent un lien entre les cieux et la terre, signalé par le vav symbolisant ici l’homme avec un penchant spirituel. Dans la Torah, quand le aleph est écrit en minuscule, il représente l’humilité et appelle à la téchouva (repentir).

Aleph est un son qui vient du fond de l’être.

Sa forme trapue est étrange, un signe qui s’inscrit dans un carré, avec deux branches non symétriques, de part et d’autre d’un trait diagonal. On peut imaginer que ce signe ait évolué à partir d’un trait continu, que ce segment de droite se soit rompu et ouvert à ses extrémités, pour donner naissance à deux branches, séparées par le trait initial. Ce signe est à la fois une consonne et une voyelle « muette ».

D’après la tradition de la Qabalah, Aleph contient bien une séparation, à l’image de celle des eaux primordiales, qui ont été fendues et séparées par le firmament, le deuxième jour de la Création. Les deux branches sont assimilées à deux Yod (voir Yod), la branche supérieure représente les eaux d’En Haut, le Ciel, la branche inférieure représentant celles d’En Bas, le monde créé: les eaux séparées sont les deux aspects d’une même entité, le firmament étant à la fois une séparation et un lien. On verra ci-dessous que le Yod est le germe initial de la création, le point primordial qui s’écrit explicitement ainsi: yod-waw-dalet. Or le dessin du signe Aleph contient aussi bien la lettre Yod que les lettres l’explicitant, comme on peut le constater dans les deux expressions qui suivent:

Double yod: yod/yod , les deux branches de la lettre aleph

Yod « explicite »: yod/waw/dalet, yod est la branche supérieure de la lettre aleph, waw est la diagonale entre les deux branches, dalet peut être perçue comme cette même diagonale suivie de la branche inférieure de aleph.

Ainsi, il existe une relation intime entre la première et la dixième lettre de l’alphabet, puisque la lettre Aleph contient d’un côté un double signe Yod, de part et d’autre de la diagonale, et d’un autre côté les trois signes du signe Yod explicite. La diagonale est une séparation dans le premier cas et la liaison « waw » dans le second cas.

D’après la même tradition, le Yod d’en Haut est une essence cachée et une sagesse inaccessible, le Yod d’en Bas est le bras qui agit, la lettre waw fait le lien ou les sépare.


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