Se connecter

Nouvel an juif

Rosh Hashana


  • en Chémote 12, 2 : « cette date sera pour vous le commencement des mois ».
  • en Vayiqra 23, 25 : « au 7e mois, le premier jour, vous ne travaillerez pas, ce sera pour vous un repos solennel, sonneries, convocation, vous offrirez un sacrifice à Hachém ».
  • le michna et le talmud ont un traité consacré à Roche hachana.

Sens
L’expression Roche hachana signifie « tête de l’année », jour de l’an.
La veille de Roche hachana les prières sont les mêmes que le vendredi soir, hormis quelques modifications dans la prière silencieuse et debout des 18 bénédictions, la chemoné êsseré.

Ces modifications expriment les caractéristiques précises de Roche hachana : 

  • la souveraineté et reconnue de Hachém, roi unique…
  • doit entrainer la crainte de tous les humains…
  • et son Nom se manifester à toutes ses créatures…
  • pour que règnent la paix, la joie, l’espérance, la croissance, la lumière, la justice,…
  • pour que disparaissent méchanceté et tyrannie,…
  • que Jérusalem soit reconnue comme Sa résidence,…
  • et qu’Il est le Dieu d’Israël.

C’est pour cela que l’on ne dit pas, comme pendant l’année, haél haqqaddoche (le Dieu saint) mais hammélékh haqqaddoche (le Roi saint).

Donc, la reconnaissance de la royauté de Hachém est la condition du bonheur.
En conséquence,

  • nous exprimons que nous faisons cette reconnaissance,
  • et demandons qu’Il nous accorde les conséquences qui en découlent : la vie, la vie bonne ; ces termes ‘hayim tovim reviennent continuellement. Car Hachém est le Roi qui « veut la vie » (mélékh ‘haféts ba ‘hayim).

L’implication

1. Comme les sacrifices sont introduits dans la Torah par l’expression véhiqravtém (vous sacrifierez, Bamidbar 29, 8) tandis que celui de Roche hachana est introduit par vaâssitém (Bamidbar 29, 2) nos Sages en concluent que celui-ci implique davantage encore la personne de celui qui l’apporte que les autres sacrifices.

2. Mais n’oublions pas que toutes les prières se font à l’intérieur d’une demande pour l’ensemble du peuple d’Israël.

3. Nous demandons d’être inscrits dans ce programme de vie,
mais non pas pour notre avantage, 
mais pour le Dieu de vie (lémaâne Eloqim ‘hayim).

4. Nous sommes conscients de nos manques précis et nos fautes précises ; ils sont présents devant le Roi et le juge suprême, comme dans un livre, ainsi que le psaume le décrit (69, 20) ou les Principes des Pères 2, 1. Ce livre est ouvert et débattu, c’est le jour du jugement, « yom haddine » qui dure jusque Yom Kippour. Ce jour-ci, ce ne sont pas les autres ni nous-mêmes que nous prenons comme critères de nos actes et pensées, ce ne sont pas eux qui nous jugent mais Dieu seul. Le monde entier est passé à cette mesure. La décision est prise du côté de la vie ou de la mort, mais il ne s’agit pas seulement de la mort physique. C’est pour cela que ces jours ne sont pas appelés « jours de sainteté », mais « jours du jugement ».

5. Cependant, l’assurance de la bonté de Hachém fait que ce jour est vécu par nous comme une fête que nous devons traduire par la beauté et la gaieté des vêtements (Talmud de Jérusalem, Roche hachana 1, 3).

6. Nous avons à le vivre comme le début d’une re-création, ainsi que les Sages (TZ, 81 b) le disent sur l’anagramme parfait du mot béréchite et de alef bétichri (commencement -1e Tichri).

7. Ainsi, le Zohar (I 37 a ; III 100 b) dit que ce jour-là Adam comparut devant le tribunal divin, et se repentit (fit techouva), et Dieu accepta son repentir. Et il lui dit : « tu seras un exemple et un signe pour tous tes enfants dans toutes les générations, en ce jour ils seront placés devant Mon tribunal, et s’ils se repentent et reviennent vers Moi, je les recevrai ». 
Le jugement de cette comparution ne sera ratifié définitivement qu’à Kippour.

 

Usages, Voeux

Pour tous ces motifs, voici comment nous formulons les uns aux autres nos souhaits en nous rencontrant, lors de ce premier jour de la fête :

  • envers plusieurs : léchana tova tikatévou (que vous soyez inscrits pour une bonne année).
  • envers une femme : léchana tova tikatévi.
  • envers un homme : léchana tova tikatév.

C’est la tonalité majeure de la fête, qui inclut, bien entendu un réveil de tout notre être pour que cela puisse se réaliser, ce qui est la fonction active des sonneries du chofar.

Miqvé  

Beaucoup ont l’usage d’aller au miqvé pour se purifier dans tout leur être avant Roch ha Chana. Comme nombreux sont ceux qui le font aussi avant chaque Chabbate. Ceux qui ont cette intention mais ne le peuvent pas pour des raisons diverses, ou de santé, prennent une douche et déversent sur la tête et le corps la quantité d’eau correspondant à 13 qabim. Un qav correspond à environ un litre et demi.

Nourriture

On mange des aliments dont le symbolisme clair ou des mots exprime ces voeux et aspirations

- les Askénazes mettent en valeur sur la table parmi les mets la tête de poisson (être à la tête et non à la queue), et le poisson (est censé être protégé du mauvais oeil car il est dans l’eau qui symbolise la Torah),
et ils trempent le motsi (bénédiction du pain) dans du miel, symbole de la Torah également, 
ou après le motsi trempent une pomme dans du miel. On y demande que l’année soit douce du début à la fin.

- les Séfarades ont un séder avec 

une bénédiction sur les dattes (nom en hébreu « tamar »), on demande que nos péchés se terminent « tama ». Les autres symbolismes sont aussi un rappel du loulav, de sa douceur, de la hauteur ou grandeur de son arbre, un rappel en cela du tsaddiq, le juste qui est décrit comme un palmier qui donne ses fruits (tsaddiq ka tamar yifra’h). Son coeur le distingue de tous les autres arbres..
une bénédiction sur les haricots blancs, ou les jujubes (roubia), on demande que nos méritent se multiplient (rabim),
une bénédiction sur les poireaux (nom en hébreu proche de « retrancher »), on demande que nos ennemis soient retranchés,
une bénédiction sur les blettes ou les épinards (nom en araméen proche de salqa, retrancher), on demande que nos ennemis soient retranchés,
une bénédiction sur les courges (nom en hébreu « qra »), on demande que les mauvais décrêts soient déchirés (qéra), 

une bénédiction sur les grenades, elle contient 613 grains comme les 613 mitsvotes,
une bénédiction sur la pomme, pour sa douceur, et pour le symbole de la phrase du Cantique des Cantiques 8,5: « sous le pommier j’ai éveillé ton amour (ta’hate ha tapoua’h ôrartikha) »;
une bénédiction sur la tête d’agneau ou de mouton qui correspond au symbolisme de la tête de poisson.
On évite les aliments dont le symbolisme clair, ou des lettres, pourraient rappeler une orientation moins bonne (comme égoz, la noix, dont le chiffre correspond à celui de ‘hét, péché).

Tachlikh

Le terme veut dire : jeter pour immerger ; Hachém immergera toutes nos fautes comme dans les profondeurs de la mer pour qu’ils y disparaissent à tout jamais, même du souvenir. Mais il y a aussi d’autres sens.
– On se rend donc au bord d’une eau courante, après min’ha, et on y jette symboliquement le contenu de nos poches après les prières. On va auprès d’un fleuve, au bord de la mer, certains montent sur une hauteur d’où ils apercevront la mer ou le Lac de Tibériade de loin. S’il y a un endroit où se trouve des poissons, on le choisira. Et, évidemment, on évitera tout endroit à proximité de saletés ou de personnes qui ne sont pas en tenue convenable. On veillera prudemment aux enfants, excités par ce rite inhabituel, et qu’on aurait moins surveillé au bord de l’eau pendant les prières. Ceux qui le feront en ouvrant une plaque au dessus d’un passage d’eau veilleront à bien la replacer pour éviter tout accident, et sans compter sur ceux qui pourraient éventuellement venir après. A Jérusalem, quand il n’y a pas d’eau dans les puits, on ouvre cependant un puits en pensant aux eaux du fleuve de vie qui est En-haut, et qui est l’essentiel. Certains dansent de joie à la fin du rite. A Jérusalem, le lac du Jardin botanique sera entouré d’une foule venue prier et jeter ses péchés sur l’eau vers les poissons.

(photo de l’auteur)
– On récite aussi quelques versets dont on va comprendre le sens par le commentaire que va suivre: le texte de Mikha 7,18-20, le psaume 118 5-9, qui est le parallèle des qualités divines décrites en Bémidbar 34,6-7, puis les psaumes 33 et 130 et Isaïe 11,9. Les usages dans le choix des textes peuvent varier suivant les communautés.
Quand Roche ha Chana a lieu un Chabbate, on fait cette cérémonie le second jour.

Le texte de Mikha 7,18-20:

On ne trouve pas de traces de cette coutume dans le Tanakh, ni dans le Talmud, ni dans les auteurs postérieurs jusqu’à ce que le Chah ha qadoche (commentaire sur Roche Hachana dans Chéné Lou’hote habérite) présente cette pratique comme une coutume ancienne (minhag vatiqine) basée sur le verset 7,19 de Micka (lire tout le chapitre 7 de Michée):
« Tu plongeras tous nos péchés dans les profondeurs de la mer, vétachlikh bimtsoulote yam col ‘hatotam ». On remarque que le texte en hébreu dit « tous leurs péchés » et qu’il s’agit de ceux dont on parle dans le verset précédent, c’est-à-dire nous.
Et dans le psaume 68, 23 Hachém dit: « De Bachane, je ramènerai mon peuple des profondeurs de la mer ». Donc, c’est un lieu d’épreuve et de salut. Que l’on pense aussi à l’histoire du prophète Jonas et de la téchouva.
Dans les deux contextes cités, les versets précédents parlent de Bachane et des ennemis qui, ce jour-là seront pleins de honte pour tout le mal qu’ils ont fait à Israël. On pense à ces religions qui persécutent Israël au nom de D.ieu et qui verront alors en face le salut d’Israël et leur violence envers Son peuple dénoncée par Hachém. Elles seront dans la peur. En fait, elles symbolisent aussi nos propres fautes.
Et le texte fait alors l’éloge des qualités de bonté de Hachém qui pardonne les fautes, oublie les méchancetés, ne reste pas en colère, prend en pitié C’est l’allusion aux 13 qualités de Hachém que l’on dit et redit sans cesse dans les Séli’hotes (Chémote 34,6-7).
Le texte se termine par une allusion à Avraham:
« Titéne émet lé Yaaqov, ‘héssed lé Avraham (Tu donneras à Yaâqov Ta fidélité, la bonté à Avraham),
achér nichbâta la avoténou mimé qédem (que Tu as juré à nos pères dans les temps antiques). »

Que vient faire ici Avraham? Il a sa place dans la coutume du Tachlikh car le Middrache Tan’houma (paracha Vayéra, 22) raconte sa montée pendant 3 jours vers la Aqéda et l’épreuve empire dans cette marche car soudain le Satane place devant eux un fleuve (nahar) très profond (même thème) qu’ils doivent traverser à pied. Et, quand Avraham a de l’eau jusqu’au cou (higuiou ha mayim âd tsavaro), il lève les yeux vers les cieux et s’adresse au Maître du monde (Ribono chel ôlam): « Tu m’as dévoilé Ton dessein et Tu me l’as ordonné, Tu m’as même dit que Tu est unique (ya’hid) et que je suis unique (ya’hid) et tu m’as dit de sacrifier mon fils Yits’haq et je suis en train de réaliser Ta mitsva et voici que les eaux m’arrivent jusqu’au prendre ma vie. Si on se noie (tovéâ), qui aura accompli Ta volonté? Et par qui sera unifié Ton nom? ».
Les patriarches sont en tout notre modèle, ils nous ont guidé en leur parcours.
Il ne s’agit donc pas uniquement de péchés à faire disparaître selon un rite pittoresque, mais il s’agit d’une relation à Hachém et de tout un ensemble.

Le Chla cite le Zohar 3, 101b qui fait un parallèle entre ce rite et celui du Cohen plaçant les péchés d’Israël sur le bouc émissaire et le précipitant dans les profondeurs du ravin. « Celui qui tombe dans les profondeurs de la mer (mane dé napil bimtsoulote yam, lo échtaka’h léâlime), on ne le retrouve plus jamais car les eaux le recouvrent pour toujours… ».
Il ne s’agit pas d’un oubli mais d’une « séparation » du bon et du mauvais comme dit Michlé 25,4: « hagou siguim mikkassef, séparez les scories de l’argent ». Quand on retournera ses poches sur la surface de l’eau, il faudra donc vivre en nous-mêmes une déchirure entre le mal et le bien, une séparation ensuite, qui devra être définitive. Nous sommes comme les poissons vivants qui sont plongés dans ce qui pourrait être un piège terrible. Et ils survivent et le mal n’a pas pouvoir sur eux définitivement, ils voient toujours, ne ferment pas les yeux (comme D.ieu) et le mal ne peut les vaincre, ils pullulent et se multiplient par une vie surabondante. Ce thème a été repris dans des applications concrètes par les amulettes sur le poisson contre le mauvais oeil. Leurs yeux toujours ouverts (éinéhém tamid péqou’hot) symbolisent la miséricorde (ra’hamim) de D.ieu toutjours vigilante et agissante. C’est le psaume 121 qu’on lit après Arvite: « il ne dort ni ne sommeille le gardien d’Israël, hiné lo yanoum vé lo yichane chomer Yisrael » et le psaume 124 (les lire): » j’ai levé les yeux, sans Lui les eaux m’auraient submergé », etc.
Il y a un psaume qui reprend nombre de ces thèmes, c’est le 69. Il faut le lire. Et on comprend à la fin que notre trvail personnel entraîne aussi le salut d’Israël.

Le psaume 118 5-9:
Il reprend les thèmes que nous connaissons maintenant: la profondeur (de la détresse), le salut, la vue, Hachém comme abri sûr.

Le psaume 33:
Il reprend les thèmes du Créateur organisant les profondeurs, détruisant les projets nocifs des nations, les yeux ouverts de Hachém envers Son peuple, notre confiance en Lui.

Le psaume 130:
Il reprend les thèmes des profondeurs de l’abime, des fautes, de l’espoir, des regards des guetteurs, de la libération des fautes.

Le texte d’Isaïe 11,9:
« Plus de violence, plus de méfaits sur toute Ta montagne sainte car la terre sera pleine de la connaissance de Hachém comme l’eau abonde dans le lit des mers ».
Nous vivons le plus concrètement cette réalité, tant dans la violence de nos ennemis proches et des nombreux pays qui les soutiennent dans le monde concernant notre montagne sainte, mais aussi notre violence et nos méfaits de déserter ce lieu sain ou de se comporter dans Son pays selon des règles immorales et non fraternelles. Et la Torah comme une eau de vie qui abondera, notre tâche commune.

Certains disent aussi plusieurs fois le verset très important du psaume 119,89: « Léôlam Hachém, dévarékha nitsav bachamayim, Pour toujours, Hachém, Ta parole subsiste dans les Cieux ».

Il y a beaucoup d’autres usages, comme la lecture des psaumes. Mais il y a surtout la sonnerie du chofar qui n’est pas un usage mais une mitsva, un ordre à exécuter.

La mitsva : l’écoute du chofar

La mitsva n’est pas de « sonner » du chofar
mais « d’entendre le son du chofar ».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Image CAPTCHA

*requis

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>