Etudier une parasha 1/2

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I. Comment entrer dans l’étude du texte de la Torah

(L’étude juive commence toujours par analyser les particularités du texte en utilisant la perspicacité de notre intelligence.
Lisons attentivement le texte précédent en hébreu et en français, sur lequel porte ensuite le commentaire).

1. Question. Il faut préciser dans ce verset pourquoi Moché Rabbénou (Moïse notre Maïtre) a eu besoin de donner toutes ces précisions : les chefs de tribus, les anciens, etc.
2. Il eût suffi de dire : vous êtes placés aujourd’hui vous tous devant Hachém, tout membre d’Israël.
3. Réponse. C’est que Moché Rabbénou veut nous enseigner la grandeur de la téchouva (repentance) et la particularité de son action:
– afin qu’il ne puisse pas entrer dans l’esprit ni dans le coeur d’aucun pécheur le plus grand soit-il que la téchouva n’est pas efficace en son cas et que sa téchouva ne serait pas retenue comme valable, et qu’il ne s’efforce donc pas de faire téchouva.
4. Enseignement. Donc Moché Rabbénou vient faire savoir (lé hodiâ,« ) que
– rien ne résiste à la téchouva (choum davar ôméd bifné ha téchouva) : même si on avait commis les plus grandes fautes et en permanence, la téchouva vient tout effacer.
– c’est sur la téchouva que le monde est fondé (âl ha téchouva ôméd ha ôlam).
Haqqadoche Baroukh Hou n’a pas créé le monde jusqu’à ce qu’il n’eut d’abord créé la téchouva (lo bara éte ha ôlam âd ché hiqdim éte ha téchouva).

(Suit alors une très longue démonstration montrant pourquoi cela se traduit par le fait que toute la Torah commence par la lettre béit dans le mot béréchite, « en un commencement de… ».
Cette démonstration utilise les méthodes du réméz qui se basent sur les multiples combinaisons des lettres.
En effet, la Torah doit être comprise simultanément par le sens du récit, par le sens des lettres, et par la valeur chiffrée de ces lettres. Et ces trois sens sont chacun partiels : ne connaître que l’un des sens est très partiel, comme quelqu’un qui dans une couleur composée de trois ne percevrait que l’une des trois couleurs. Pourtant, chacun des trois sens est vrai mais il doit être complété pour parvenir à sa justesse.
Résumons les fruits de l’analyse qui demanderait une longue formation et n’aurait pas de sens sur un site ouvert à tous sans capacité d’apprécier le niveau des lecteurs).

La lettre béit qui ouvre tout le texte de la Torah représente la bina ou Sagesse d’en-haut qui est la source du bien en ce monde, et y revenir -sens de la téchouva- c’est revenir à cette lettre béit de sagesse. Elle est comme une mère donnant la vie vers qui ses enfants reviennent se nourrir. De là, les phrases dans tout le Tanakh parlant de la mère ou de Ra’hel qui reçoit ses enfants qui reviennent.
Ainsi, la lettre béit est le commencement -réchite- de tout ce qui a été créé. Et elle est elle-même la téchouva.
C’est pour cela que nos Sages disent que là où se tient un baâl téchouva, celui qui fait téchouva, même les justes parfaits, les tsaddiqim, ne peuvent pas se tenir (ba maqom ché baâlé ha téchouva ômédim éine tsaddiqim guémourim yékholim laâmod).
Alors ceux qui font téchouva, les baâlé téchouva, sont nommés réchite ha kol, commencement de tout et au-dessus de tout.

Faire téchouva, c’est reconnaître D.ieu comme la source de tout, de toute vie, de toute puissance, de toute loi d’existence, et se conformer totalement en conséquence à ce qu’Il a révélé et demandé à Son peuple dans la parole de Sa Torah. C’est le faire concrètement, et non pas en simple adhésion du coeur ou de l’esprit, mais dans la vérité de la cohérence de la pensée, des sentiments et de l’action.

Voilà pourquoi celui qui « fait téchouva », revient à la puissance de la source créatrice qui trouve en lui un réceptacle. Ce n’est pas quelqu’un qui est remarquable par ses propres qualités, c’est quelqu’un qui se laisse emplir par LA  qualité qui crée le monde à chaque seconde. Voilà pourquoi il est dit que « celui qui fait téchouva crée le monde ». Il est participant du mouvement de don de D.ieu qui crée le monde, et la lettre béit du début de la Torah l’exprime qui est à la fois cette sagesse créatrice et cette téchouva. Il faudrait ajouter que cette lettre est la seconde de l’alphabet et a la valeur du chiffre  « 2″ ; elle est donc un couplage et ce mouvement de téchouva n’a sa plénitude que dans le couple, ce qui est exprimé par la première phrase de la Torah qui parle du couple des cieux et de la terre comme symbole de cela, entre autres).

C’est pour cela que la lettre beit est aussi la lettre du mot bérakha, la bénédiction, car elle crée constamment le monde.
Celui qui fait téchouva, donc, est la tête de tout (baâl téchouva hou roche ha kol).

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