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Faisons connaissance avec la façon dont le peuple juif lit et étudie les Écritures dans les synagogues (beit haknesseth) et les maisons d’étude (beit hamidrach).

Les Écritures ne seront pas appelées ici l’Ancien Testament, mais la Bible hébraïque.

La Bible hébraïque y est traditionnellement scindée en trois grands ensembles :

  • la Torah (les cinq premiers livres que nous appelons le Pentateuque),
  • les Neviim (les Prophètes),
  • et les Ketouvim (les Écrits).

Les premières lettres de ces trois titres donnent le sigle Tanakh, lequel en hébreu moderne, constitue l’appellation courante pour l’ensemble de la Bible hébraïque.

Dans le judaïsme, la théologie en tant que science de D.ieu n’existe pas.

Le seul dogme que le Juif est tenu de proclamer est celui de « Sh’ma Israël » = « Écoute Israël, l’Eternel notre Dieu est UN. » (Deutéronome 6,4).

La journée commence par cette proclamation de l’unité de D.ieu, texte fondamental de la foi juive.

Ainsi, ni les treize fondements de la foi composés par Moïse Maïmonide (12e siècle), ni même le Décalogue, ne constituent l’équivalent du Credo chrétien. Dans le judaïsme, on ne proclame pas de dogme concernant l’essence de D.ieu, qu’est-ce que D.ieu, en quel D.ieu nous devons croire.

Quand Moïse demande  à Dieu : « Fais moi voir ta face (ta gloire) »,  il entend cette réponse :

« Tu ne peux voir Ma face et vivre » (Exode 33,18-23)

Selon le judaïsme, l’homme ne peut pas saisir ce que D.ieu est, mais il perçoit la manière dont Il se manifeste : « Tu me verras du dos ».

Nous ne voyons que la trace de D.ieu (Levinas), D.ieu agit dans le monde et on peut Le percevoir au travers de ses attributs moraux : la justice, la charité, l’amour, la vérité, la longanimité.

Ainsi, à travers la Création, le peuple juif est appelé à percevoir l’existence de D.ieu, mais jamais son essence.

D.ieu est, en tant que source de tout être, mais son existence ne se manifeste qu’à travers les hommes de foi, les « pères », en commençant par Abraham, Isaac et Jacob, qui agissent selon Sa volonté, ce qui pour le judaïsme passe par l’accomplissement des préceptes divins.

Ces personnages bibliques « ont fait exister » D.ieu, car ils étaient ses témoins. Leur foi s’est exprimée par leurs actions confiantes, et ce sont ces actions qui ont  témoigné de l’existence de D.ieu.

C’est pour cela que l’étude de la tradition écrite (le Tanakh) et de la tradition orale (surtout le Talmud), son commentaire, est perpétuellement nécessaire pour le peuple juif.

Car la connaissance et l’interprétation des multiples façons de faire exister D.ieu à partir de la vie des personnages bibliques, offrent des exemples vivants et constituent des sources indicatives pour les imiter.

C’est ainsi que le juif s’attache à connaître le contenu de sa foi et accepte sur lui le joug de la royauté divine.

On peut dire que la focalisation du peuple chrétien sur la personne de Jésus-Christ, en tant que modèle et source de vie, est à mettre en parallèle avec la focalisation du peuple juif sur les Écritures et ses commentaires, en tant que garants de sa survie, grâce à l’obéissance aux commandements révélés au Sinaï.

 

Notes

Moïse Maïmonide

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Moshe ben Maïmon, plus couramment connu en français sous le nom de Moïse Maïmonide (hébreu : הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon) est un rabbin séfarade du 12e siècle, considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

Talmudiste, commentateur de la Mishna, jurisconsulte et décisionnaire, il est l’auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juive.

Décalogue

En hébreu עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת : ʿAsereth ha-Diberoth) : les Dix Paroles pour le judaïsme, traduit par les Dix Commandements pour le christianisme — c’est un court ensemble écrit d’instructions morales et religieuses reçues, selon les traditions bibliques, données par D.ieu à Moïse au mont Sinaï.

Dans la Torah, il est écrit que la transmission de ces instructions morales sous la forme de tables gravées provient « du doigt de D.ieu ». La Bible parle de « dix paroles » (Exode 34:28 ; Deutéronome 4:13), ce que la version des Septante rend par le mot δεκάλογος / dekálogos, d’où le terme français de « Décalogue ».