But spirituel du sionisme (partie 4), par Emmanuel Rodriguez

Chaque peuple et chaque groupe ethnique a la portion de terre qu’Il lui a attribué. L’antique terre de Canaan est la terre que D.ieu a donnée au peuple juif.

Quand D.ieu a réparti la portion de terre à chaque groupe national, Il a agi en harmonie avec son alliance avec le peuple juif qui doit vivre en Israël.

En Actes 17, Saul de Tarse (l’apôtre Paul) fait référence au passage ci-dessous de la portion de la Torah appelée Ha’azinu, connue aussi comme le cantique de Moïse (voir aussi Apocalypse 15.3).

« Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand Il sépara les enfants des hommes, Il fixa les limites des peuples d’après le nombre des enfants d’Israël. » (Deutéronome 32.8)

La possession de la terre d’Israël par le peuple d’Israël et la possession de toute autre portion de la terre par d’autres groupes nationaux ne se contredisent pas. Elles se mettent en valeur. Le contrat de D.ieu avec Israël pour la possession de sa terre est alors étendue à toutes les autres nations du monde pour qu’elles possèdent leur terre.

L’alliance de D.ieu avec Israël pour la possession de la terre offre par extension les droits de propriété par alliance pour toutes les autres nations aussi.

Si l’alliance de D.ieu avec Israël pour la possession de sa terre est brisée, alors le droit de toute autre nation de vivre sur la planète est invalidée.

Comme D.ieu a donné cette terre par alliance aux 70 fils de Jacob, de même Il a en vision de donner 70 autres portions de terre dans le monde à 70 autres groupes de personnes.

La terre d’Israël devient une terre sacerdotale au centre des autres nations. C’est pourquoi 70 boeufs représentant les 70 nations des Gentils (non juifs) sont offerts en sacrifice de propitiation au Temple à Jérusalem à Soucot, la Fête des Semaines (Nombres 29).

Ariel Sharon avait coutume de dire : « Toute personne a des droits dans la terre d’Israël, mais seul le peuple juif a des droits à la terre d’Israël. » D.ieu a donné cette terre à notre peuple. Nous avons péché. Il nous en a chassés. Dans Sa miséricorde, Il nous a rassemblés et rattachés à notre terre.

But spirituel du sionisme

Cependant, le simple fait que notre peuple habite dans le pays n’accomplit pas en soi les desseins de D.ieu. Comme tout autre peuple en tout autre pays, nous aussi nous devons nous repentir de nos péchés, croire dans le Messie, et recevoir l’Esprit de D.ieu (Actes 2.38).

Il y a un but spirituel à ce que notre peuple habite dans cette terre, tout comme il y en a un pour toute nation qui vit sur sa terre.

Yeshoua est le Roi des Rois et le Roi d’Israël. Actuellement, il attend au Ciel de revenir sur la terre pour prendre son rôle de Roi.

Comme il est le Roi de toutes les nations, il faut qu’il y ait un reste croyant dans chaque nation qui crie « Maranatha » dans la prière et l’invite à revenir.

« Amen ! Viens, Seigneur Yeshoua ! » (Apocalypse 22.20)

De même, il faut qu’il y ait un reste croyant en Israël qui crie « Baruch Haba » et invite Yeshoua à revenir remplir son rôle de Roi d’Israël.

« Vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Matthieu 23.39)

D.ieu, dans Sa grâce, n’a pas seulement ramené notre peuple sur sa terre, mais Il l’a fait afin que nous recevions Sa grâce pour le Salut par Yeshoua.

Quand Il nous a dispersés parmi les nations, l’un des résultats positifs a été la propagation de l’évangile à toutes les nations du monde.

« Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l’église [la communauté des Juifs messianiques du 1e` siècle] de Jérusalem ; et tous… se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie… Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole. » (Actes 8.1, 4)

Remarque : il est intéressant de noter que les premiers Juifs messianiques ont accompli en Actes 8.1 ce que Yeshoua leur avait commandé de faire en Actes 1.8, « être témoins à Jérusalem, en Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » ! Ce qu’ils auraient dû faire en étant motivés et de bon coeur, ils l’ont finalement accompli partiellement suite à la persécution. D’une façon ou d’une autre (1.8 ou 8.1), la volonté de D.ieu s’est accomplie.

Le mouvement juif ultra orthodoxe

Beaucoup de Juifs orthodoxes pro-sionistes dans les mouvements BILU, Mizrachi, Kook, Poalei, etc., tiraient leur inspiration des écrits religieux classiques.

Cependant, par suite de leur confort et de leur suffisance, les Juifs de l’Europe occidentale séculière eurent tendance à rester où ils étaient et à ne pas prêter attention aux signes annonciateurs de l’Holocauste.

En Europe de l’Est (d’où vient une grande partie de ma famille), les gens étaient plus religieux. La tendance chez les Haredi (ultra religieux) était de rejeter le message sioniste parce qu’il ne cadrait pas avec leur conception traditionnelle du Messie. Il est accablant de constater que des millions de Juifs, sous la mauvaise influence de l’humanisme ou de la religiosité, restèrent en Éurope et furent massacrés par les Nazis.

Remarque : en abordant des sujets aussi sensibles et complexes que l’histoire juive ou l’Holocauste, toute conclusion générale relève nécessairement de la simplification excessive. Pourtant, dans la crainte de l’Eternel et en reconnaissant l’impossibilité inhérente de prouver de telles déclarations, je crois qu’il serait utile que certaines observations et façons de voir soient exposées.

Dans les premières années de l’Etat d’Israël, le même schéma se produisit. De nombreux Juifs religieux ultra-orthodoxes firent opposition en objectant que le nouvel état n’était pas assez religieux ou encore qu’eux-mêmes ne pouvaient pas revenir jusqu’à ce que le Messie vienne.

Par ailleurs, les Juifs humanistes des pays occidentaux, qui ne voulaient pas être dérangés dans leur style de vie aisé, tentèrent de passer sous silence les luttes de l’Etat d’Israël pour sa survie ou même s’y opposèrent.

Au cours des quelques décennies depuis la reprise de Jérusalem en 1967, un changement s’est opéré dans les points de vue tant séculiers que religieux en Israël.

Un grand nombre de Juifs séculiers se sont tournés vers les partis de gauche dans leur confiance en des accords de paix illusoires grâce à des concessions territoriales tandis que beaucoup de religieux se sont tournés vers la droite et sont entrés dans l’arène politique en apportant leur programme religieux.

Depuis ces quelques dernières années, un autre changement se produit. En 1999, les Israéliens trouvaient que le Premier Ministre Barak offrait aux Palestiniens d’énormes concessions.

Ils eurent un premier choc lorsque ces offres furent refusées, puis un second lorsque, dans le sillage de l’échec de ces négociations, Yasser Arafat déclara l’ouverture de la Deuxième Intifada à l’automne 2000. Les Israéliens furent déçus tant de la droite que de la gauche. Ils ne voyaient plus de solutions ni militaires, ni politiques, ni en s’implantant dans les territoires, ni en cédant de la terre pour la paix.

Un nouvel appel vint à la fois de la droite et de la gauche de s’éloigner des Palestiniens, de s’en séparer. Ce désir de séparation a conduit à des actes politiques comme la barrière de sécurité ou le désengagement de Gaza.

En 2006, il a abouti à la formation du nouveau parti de Sharon entre la gauche travailliste et la droite du Likoud. Je vois l’attirance initiale du parti Kadima comme du pragmatisme dénué de tout idéalisme. Certains y voient du positif, d’autres du négatif. La majorité des Israéliens trouvèrent qu’ils n’avaient pas d’autre choix à ce moment-là.

Le mouvement sioniste moderne

Théodore Herzl était un Juif humaniste libéral d’Europe de l’Ouest. Il fut confronté à l’anti-sémitisme à Paris en 1894 dans le célèbre procès du Juif Alfred Dreyfus, capitaine de l’armée française faussement accusé. Sa rencontre avec l’anti-sémitisme lui fit voir la nécessité d’un état juif. Sa formation libérale lui fit envisager un état moderne pluraliste. En 1896, il publie en allemand « L’État juif », livre qui marque l’histoire, où il décrit cette simple formule : un état moderne, à la fois pluraliste et juif.

Grâce à la pluralité des pensées et des idéaux religieux, le mouvement sioniste moderne annula (quoique par inadvertance) ce qui avait causé la persécution des Juifs messianiques du 1er siècle.

Bien que n’acceptant absolument pas le message de l’évangile, il posa le fondement d’un état qui, en autorisant au moins la liberté religieuse, permettrait que le message soit à nouveau annoncé. A son insu, il annula ce qui avait causé l’exil, et ouvrit spirituellement la porte pour que le processus de la restauration de la nation d’Israël puisse reprendre.

Il n’était pas nécessaire que les dirigeants du gouvernement acceptent l’évangile pour que D.ieu commence à restaurer la nation.

C’est à la communauté de la foi que revient la prédication de l’évangile ; c’est au gouvernement que revient de former une société juste et structurée qui permette la libre annonce de l’évangile (remarquez le lien entre 1 Timothée 2.2 et 2.4).