Etudier la Torah, par Ariel Berkowiz

Ariel & D’vorah Berkowiz
Ariel & D’vorah Berkowiz

« If we live the Torah there will be blessing, not salvation. It’s by grace through faith that we have salvation. »
« Si nous vivons la Torah, il y aura la bénédiction, pas le salut. C’est par la grâce par/à travers la foi que nous avons le salut. » (Ariel & D’vorah Berkowiz ,source jewisheyes.org)

Avec « la Torah Redécouverte » (co-écrit avec son épouse), Ariel & D’vorah Berkowiz apportent un nouveau regard surles cinq premiers livres de la Bible, souvent « mal interprétés » pendant des siècles par les leaders juifs et chrétiens dans le monde, et révèlent la beauté et la profondeur des pages divinement inspirées de la Bible.

Dans son livre « Studies in the Book of Joshua » (Etudes du Livre de Joshua/Josué), Ariel décrit les alliances de D.ieu en action.

Au sommaire du livre, 4 chapitres :

  • les raisons d’étudier la Torah,
  • les six règles herméneutiques de base (art d’interpréter les Écritures),
  • les six règles spécifiques pour étudier la Torah
  • et comment l’enseigner.

Extraits « Comment étudier la torah » (source messianicpublications.com).

Raisons d’étudier la Torah

La Torah est utile pour enseigner, réprimander, corriger et former les gens dans la justice.

Le but ultime de toutes ces choses est que le peuple de D.ieu soit construit et équipé pour servir D.ieu. Le deuxième objectif est que nous puissions voir clairement YESHOUA le Messie dans ses pages :

« Et en commençant par Moché et avec tous les prophètes, il leur a expliqué les choses qui le concernent dans toutes les Écritures ». (Luc 24:27)

Plus nous Le voyons, plus nous L’adorons.

Enfin, nous devons apprendre une méthode d’étude pour nous-mêmes, mais nous devons aussi apprendre une méthode qui nous permette de transmettre et d’enseigner nos découvertes de la Torah.

Règles herméneutiques de base pour l’étude des Écritures

Il existe une multitude de principes d’interprétation biblique acceptés à la fois par les juifs et les croyants de YESHOUA.

Par exemple, les rabbins considèrent l’utilisation de la gématrie (c’est la pratique de trouver des significations dans les mots et les lettres de la Torah en calculant leur valeur numérique) comme une règle d’interprétation valide et importante. Une pratique complexe et parfois arbitraire.

Les rabbins cherchent aussi à trouver les significations allégoriques ou « cachées » du texte de la Torah (« faire un midrash »). Une démarche spéculative.

1. SE FIER À L’ESPRIT D’ADONAI

Une de nos prières préférées pour commencer une étude de la Torah est une citation du Psaume 119:18, qui dit : « Ouvre mes yeux, afin que je puisse contempler des choses merveilleuses de Ta Torah ».

Rappelons-nous que puisque c’est la Parole de D.ieu que nous étudions, seul D.ieu, par son Esprit Saint, peut nous amener à les comprendre.

2. DÉTERMINER QUEL GENRE DE LITTÉRATURE NOUS ÉTUDIONS

Les cinq livres de la Torah contiennent tous les types de littérature imaginables, y compris le récit historique, le matériel juridique, les poèmes et les chansons. Par exemple, la façon dont nous interpréterons l’histoire d’Abraham dans Genèse 12 différera légèrement de la façon dont nous interpréterons les règles sur la propreté dans Lévitique 11 et 12.

3. DEVENIR DES EXPERTS DANS LE TEXTE

Nous devons pratiquer l’art de l’observation attentive. Il y a six mots clés qui aident à améliorer nos compétences d’observation. Nous devons nous demander qui, quoi, où, quand, pourquoi, et à propos de tout ce que nous rencontrons dans un texte donné de la Torah.

4. OBSERVER ET COMPRENDRE LE CONTEXTE

Plusieurs contextes :

  • celui du Livre (exemple avec la Genèse, un récit historique, nous devons comprendre ses instructions à la lumière de l’histoire qui se déroule dans le contexte du livre entier),
  • celui du paragraphe ou section du texte (exemple avec Lévitique 16 -section pédagogique- écrit d’une part pour expliquer le sang et les sacrifices pour Yom Kippour, et d’autre part pour rappeler à Israël qu’il pouvait s’approcher de Dieu et de quelle manière il pouvait le faire, instruction nécessaire afin de s’assurer que l’incident impliquant Nadav et Avihu (Nadab et Abihu) ne se reproduirait plus),
  • celui du contexte immédiat (le matériel qui précède ou suit immédiatement la section que nous étudions).

Les divisions de chapitres et de versets et les divisions parasha hebdomadaires sont faites par l’homme ! Nous ne devons pas laisser les divisions créées par l’homme dans le texte de la Torah régir notre compréhension d’un passage.

5. COMPRENDRE LE TEXTE À SA VALEUR NOMINALE. EVITER LA TENTATION D’ALLÉGORISER

Prendre le texte à sa valeur nominale signifie laisser le texte parler pour lui-même, comprendre le sens ordinaire du texte.

Par exemple : si D.ieu a dit de mettre une clôture autour du sommet de nos maisons, Il ne veut pas construire des clôtures pour protéger la Torah ! Littéralement, on parle d’une enceinte protectrice placée au sommet d’une maison pour empêcher les gens de tomber. Dans cette partie du monde, les habitations avaient des toits plats.

Souvent, nous spiritualisons ou allégorisons lorsque nous essayons d’appliquer un passage de l’Écriture à nos vies.

Regardons le passage décrivant les vêtements du grand prêtre et les différentes couleurs qu’il portait. Le texte n’indique pas la signification symbolique de ces couleurs, ni même que les couleurs aient une signification symbolique. Affirmer que ces couleurs signifient X, Y et Z, c’est pratiquer la spiritualisation. Il est légitime, cependant, de dire que chaque couleur peut être vue comme une illustration de quelque chose (le bleu nous rappelle la royauté, le blanc suggère la pureté, etc.). Maintenant, plutôt que d’affirmer catégoriquement que les vêtements du grand prêtre portaient les significations symboliques que nous leur avons assignées, nous observons simplement qu’ils peuvent bien illustrer certaines vérités spirituelles.

Quand vient le temps d’appliquer personnellement le passage à nos vies, nous faisons souvent une erreur en la manipulant. Regardons Joshua, par exemple. Dans les applications typiques, beaucoup de gens diraient quelque chose comme : « Nous sommes tous Joshuas. Nous sommes au temps de Josué. Nous pouvons tous conquérir la terre pour le Seigneur ». Un tel enseignement n’est pas fidèle au texte. Nous ne sommes pas tous Joshua. De plus, qui dit que nous sommes au temps de Josué ? Est- ce que nous montons des chars ? Y a-t-il des Cananéens qui vivent autour de nous ? Est-ce que D.ieu nous a donné à tous le mandat de prendre l’épée ?

Cependant, nous pouvons dire : « Tout comme à l’époque de Josué, de même à notre époque. » Les expressions clés que nous voulons utiliser ici sont «Just as» et «also also». Nous pouvons tirer de nombreux exemples de ce que D.ieu a fait à l’époque de Joshua pour illustrer ce qu’il pourrait faire aujourd’hui.

6. CONNAÎTRE LES ORIGINES HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES, CULTURELLES ET RELIGIEUSES DU PASSAGE

Cela fait une différence pour notre compréhension de la Torah si nous savons que chacune des dix plaies a été intentée contre l’un des dieux de l’Égypte.

Cela change notre perception du livre de Deutéronome si nous savons que son format suit virtuellement celui des autres traités et conventions de suzeraineté de l’âge du bronze.

De plus, sommes-nous conscients que notre connaissance des anciennes tablettes d’argile de Mésopotamie peut nous aider à comprendre la structure de la Genèse, ainsi que la raison pour laquelle Rachel a volé les idoles familiales de Laban ? Enfin, que signifient les désignations «Voie des Philistins» et «Autoroute du Roi» ? Une connaissance de l’ancien Proche-Orient peut donner une compréhension de la Torah que les gens n’imaginent pas.

Le principe de l’étude de la Torah en hébreu, sa langue d’origine, est étroitement lié à cette règle. Il y a parfois des mots, des pensées ou des concepts dans l’hébreu de la Torah qu’il est presque impossible d’exprimer dans une traduction.

Exemple avec le mot hébreu korban, qui a la même racine que le mot signifiant «se rapprocher» et qui est parfois traduit par sacrifice. Par conséquent, un sacrifice est ce qui nous aide à nous rapprocher de D.ieu.

Règles spécifiques pour étudier la Torah

CONTEXTE

Prenons le concept du sang, par exemple. Les instructions sur le sang, humain ou animal, sont une caractéristique majeure du livre de Lévitique. Quand nous regardons les passages d’enseignement, par conséquent, nous devons nous demander pourquoi D.ieu enseigne le sang dans ce passage particulier.

HISTORIQUE

D.ieu avait des raisons précises de donner chacun de ses enseignements, dont certains découlaient de certaines situations se déroulant en dehors de ses pages.

Exemple : « Et vous ne raserez pas les coins de votre tête » Pour bien comprendre ce passage, il faut d’abord déterminer à partir de l’hébreu ce que le texte signifie. Pourquoi D.ieu aurait-il donné cette instruction ? Est-ce qu’il nous dit comment se couper les cheveux ? Qu’est-ce qui se passait historiquement à ce moment-là qui nécessiterait des instructions spéciales du Saint à propos de nos coiffures ? Si nous examinons la culture des Cananéens, nous constatons que les Cananéens faisaient des dessins dans leurs cheveux à des fins religieuses. Ainsi, nous découvrons que, très probablement, les instructions de Dieu concernant nos cheveux étaient destinés à nous empêcher d’agir comme les Cananéens ou de pratiquer leur religion.

3. CE PASSAGE EST-IL CITÉ DANS LES ÉCRITURES DE LA NOUVELLE ALLIANCE ?

Deux raisons à cela. D’abord, nous pourrions être en mesure de voir comment ce passage a été compris par d’autres qui vivaient plus près que nous le faisons à l’époque où il a été écrit. Deuxièmement, nous pourrions être en mesure d’apprendre comment cet enseignement était pratiqué par ceux qui faisaient partie de cette même culture.

Exemple Deutéronome, « l’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu ». Ce verset est cité dans Matthieu 4. Nous voyons ici comment YESHOUA lui-même a compris et appliqué ce verset de la Torah.

4. COMMENT CET ENSEIGNEMENT A-T-IL ÉTÉ PRATIQUÉ DANS L’ANCIEN ISRAËL ?

Déterminer comment les anciens Israélites ont compris un enseignement dans la Torah peut nous aider à comprendre certains passages. Parexemple, il est utile de savoir que la pratique juive orthodoxe consistant à «tefilliner» (relier une partie de la Torah à son front et à son bras pendant la prière, comme l’enseigne apparemment leDeutéronome 6) était pratiquée par ceux qui vivaient dans la période du Second Temple.

5. COMMENT LES JUIFS PRATIQUENT-ILS CET ENSEIGNEMENT AUJOURD’HUI ?

La pratique juive et l’interprétation de la Torah ont commencé il y a des siècles – dans bien des cas avant même l’époque de YESHOUA. Bien que nous ne croyions pas en l’autorité de la loi orale, elle contient néanmoins beaucoup de choses qui nous sont utiles aujourd’hui (comme une interprétation périodique perspicace de la Torah).

6. QUELLE IMAGE DE LA TORAH EST PEINTE PAR LE PASSAGE ?

Une image de la Torah répond aux questions : qu’est-ce que cette instruction nous enseigne sur la personne et l’œuvre de YESHOUA ? Qu’est-ce que cet enseignement de la Torah illustre concernant notre identité dans le Messie ?

Exemple avec une merveilleuse image de la Torah dans l’enseignement concernant la pureté et l’impureté, le tamei et le tahor.

Pourquoi D.ieu a-t-il déclaré certaines choses pures et d’autres impures ? Les concepts de tamei et de tahor illustrent notre transformation d’un état d’impureté à celui de pouvoir s’approcher du trône de grâce de D.ieu. YESHOUA a fait de nous de nouvelles créations – des saints au lieu de pécheurs, non plus tahor mais tamei.

Comment enseigner la Torah

1. APPLIQUER CONTINUELLEMENT TOUTES LES RÈGLES D’INTERPRÉTATION

  • Phase d’observation : que dit le passage ?
  • Phase d’interprétation : qu’est-ce que cela signifie ? Les faits déterminent le sens, pas l’inverse.
  • Phase finale : qu’est-ce que cela signifie pour moi ?

2. DÉTERMINER L’ORGANISATION DU PASSAGE

Chaque passage de la Bible a une sorte d’organisation. Notre travail commence par donner un titre au passage (l’énoncé du sujet du passage en se basant sur les verbes utilisés).

Exemple avec Exode 6:2-9 : Dieu parle à Moshe concernant ses plans pour Israël.

Titre : Exode 6:2-9, « Les plans de mariage de D.ieu »

Ensuite, décrire le passage (en choisissant les mots- clés) :

I. Dieu promet de séparer son épouse – « Je vais vous faire sortir. »

II. Dieu promet de livrer sa fiancée – « Je vais vous livrer. »

III. Dieu promet de racheter sa fiancée – « Je vais vous racheter. »

IV. Dieu promet d’épouser sa fiancée – « Je vais vous prendre. »

V. Dieu promet une maison pour sa fiancée – « Je vais vous apporter. »

Le corps principal de l’étude sera développé autour de ces grandes lignes. On peut apporter toutes les études de mots hébreux appropriés quipermettront de clarifier la signification du passage, partager toute information historique, culturelle,

géographique ou religieuse qui éclaire le passage, mais il faut travailler autour du contour de base.

3. FAIRE CE QUE DIT LA TORAH

Étudier la Torah n’est pas une fin en soi, le livre a été conçu pour être pratiqué, vécu.

La meilleure illustration vient d’Actes 21. Saul de Tarse avait acquis la réputation d’être un bon professeur de la Torah. Quand la direction de la communauté messianique a entendu des rumeurs selon lesquelles il enseignait aux autres à ne pas suivre la Torah, ils lui ont demandé de faire quelque chose commandé dans la Torah – demande à laquelle il a répondu favorablement.

Le groupe doit discuter des diverses applications des passages, au lieu que seul l’enseignant commande aux étudiants quoi faire.
L’esprit de D.ieu est capable de guider son peuple dans la façon d’appliquer la Bible à sa vie. Laissons- le faire et n’essayons pas de prendre sa place.

Source messianicpublications.com

Notes

ARIEL ET D’VORAH BERKOWITZ (Israel)
Ariel Berkowitz a été professeur auxiliaire à l’IBEX (programme d’échange biblique en Israël) depuis 1995. Son domaine de spécialisation est l’histoire, la pensée et la culture juives. Ariel est aussi instructeur pour Torah Resources Institute et Torah Resources International. Il a enseigné à l’Israel College of Bible de 1992 à 2006. Lui et sa femme D’vorah ont déménagé des États-Unis en Israël en tant que citoyens en 1992. Leur maison familiale est près de Jérusalem.