Hanoukka, la fête de la lumière, par Emmanuel Rodriguez

Une fête née de l’histoire même du peuple Juif

C’est une fête mineure parce qu’elle ne figure pas dans la Torah.

Cette fête dure 8 jours et commémore la victoire d’une poignée de juifs sur les puissantes forces militaires syriennes, événements qui se sont déroulés 165 avant Yeshoua HaMashia’h et sont relatés dans les livres apocryphes de 1 et 2 Maccabées.

Tous les soirs de cette fête, on allume la Ménorah, un chandelier à 9 branches (non de 7 branches comme le chandelier d’or du Tabernacle ou du Temple.) 

Parents et enfants chantent des psaumes pour célébrer la joie de cette fête.

Il est fait allusion à cette fête dans la Bessora tova (Bonne nouvelle) de Yohanan (Jean 10 :22-23.)

Toutes les fêtes d’Israël ont un sens et une signification à la fois historique et spirituelle. Elles ont toujours pour but de nous montrer la réalité messianique et de notre Messie Yeshoua. Il est celui qui conduira son peuple en sûreté dans la lumière de D.ieu.

La fête de Hanoukka est appelée : « fête des lumières. »

Quel paradoxe avec notre époque qui se dit éclairée, mais qui en réalité est envahie par les ténèbres !

Dans notre civilisation, il y a ce vide ténébreux de la vie. Nous pouvons voir cet aspect négatif, mais nous pouvons aussi voir celui de ceux qui aspirent à voir la lumière du Messie triompher des ténèbres. 

La lumière dissipe les craintes et les anxiétés !

Nous avons tous besoin de lumière, elle est pour nous une nécessité vitale, elle est aussi une nécessité spirituelle. Elle représente la supériorité de l’âme de vie sur celle qui ne l’est pas, celle de la révélation face à l’ignorance, de l’intelligence sur la sottise. 

La fête de la Hanouka est le symbole de la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la puissance du vrai D.ieu sur les faux dieux.

Hanoukka commémore la lutte des Juifs contre les troupes syriennes, de -168 à -165 avant l’ère chrétienne. Leur victoire miraculeuse et l’inauguration du Temple purifié. 

Le contexte historique de Hanoukka 

En -198, Antiochus III, roi de Syrie, s’empare de la Judée.

Il se montre tout d’abord bienveillant avec les juifs, notamment en les exonérant d’impôts durant 3 ans et en reconnaissant l’autorité du grand Prêtre.

La Judée se développe et s’enrichit mais la civilisation grecque attire de plus en plus de juifs désignés sous le terme de Mityavnim (du mot Yavan qui signifie Grec).

Cependant, suite à sa défaite contre les Romains, Antiochus III change d’attitude vis-à-vis des juifs auxquels il impose désormais un impôt conséquent.

Son fils Séleucis III respectera les directives établies par son père à l’égard des juifs.

En -175 avant notre ère, Antiochus IV également appelé Antiochus Epiphane, frère de Séleucis, prend le pouvoir. 

Ce sera le début de terribles mesures contre les juifs qui seront à l’origine de la révolte des Maccabées. Et c’est ainsi que débute l’histoire de Hanoukka. 

Les juifs sont épiés, traqués, martyrisés. Mais envers et contre tout, la flamme de la Torah continue à briller.

Ici et là, on organise dans le plus grand secret, des synagogues clandestines, des écoles cachées où élèves et enseignants se rencontrent régulièrement pour parler de la Torah. 

En cette terrible période, les juifs montrent un attachement indéfectible à leur Créateur.

Des milliers d’entre eux, hommes, femmes et enfants, sont prêts à mourir plutôt que de renier la foi de leurs ancêtres, comme en témoigne la terrible histoire de Hanna et ses sept fils, qui furent assassinés pour avoir refusé de se prosterner devant une idole grecque.

La ville entière fut ravagée par le feu, les femmes et les enfants furent emmenés en captivité. Le Temple fût profané. Antiochus donna l’ordre de mettre un terme aux holocaustes et les libations furent interdites. L’observation du Shabbat, la pratique de la circoncision, la lecture de la Torah et la célébration de toutes les fêtes aussi.

Une statue de Zeus fût érigée dans la cour du temple et une truie (animal impur) fut sacrifiée sur l’autel des holocaustes. C’était une véritable « abomination » pour Israël et son D.ieu.

Les Israélites de tendance hellénistes se soumirent aux ordonnances royales tandis que les juifs pieux préférèrent mourir plutôt que de profaner l’Alliance Sainte conclue avec D.ieu.

Un sursaut d’énergie les secoua et, à l’appel du grand prêtre Mattathias et de ses fils, ils entreprirent de chasser l’ennemi afin de rétablir le culte du D.ieu unique.

Les juifs prennent alors conscience qu’ils n’ont d’autres solutions que de combattre l’ennemi.

En -167, les résistants se rassemblent alors autour de Mattatyahou. Entouré de ses 5 fils (Yohanan, Simon, Juda, Elazar, et Yonathan), et soutenu par les résistants qui forment à présent une petite armée, Mattayahou lance des offensives contre l’ennemi grec et détruit les lieux de culte païen. 

A sa mort, en -166 avant l’ère vulgaire, son fils Yéhouda prend le commandement de la résistance juive qu’il conduit à de nombreuses victoires, malgré un ennemi bien supérieur en nombre.

Avec la devise « Mi Camokha Baélim Hachem » (« Qui est comme Toi, parmi les puissants Hachem ! ») qui forme en hébreu l’acrostiche MACABI, Yéhouda va de succès en succès et c’est ainsi qu’après une bataille décisive, il délivre Jérusalem.

Le miracle du chandelier allumé

Par une série de victoires qui tiennent du miracle, les juifs chassèrent les Syriens hors de leur pays.

Le temple profané fut purifié et les sacrifices quotidiens rétablis.

Quand vint le moment de rallumer les lumières du chandelier à 7 branches, on ne put retrouver qu’une seule petite fiole d’huile consacrée.

La quantité d’huile contenue dans cette cruche était à peine suffisante pour assurer 24 heures de lumière.

Or, 8 jours étaient nécessaires pour préparer une huile pure, obtenue par la première goutte de chaque olive pressée. Par miracle, cette huile brûlera pendant 8 jours ! Le temps indispensable à la préparation de la nouvelle huile.

C’est pour cette raison que la fête de la Hanoukka dure 8 jours !

C’est un temps de joie, de réjouissance et de louange à l’Eternel et pour tout le peuple. 

Le mot Hanoukka signifie inauguration mais en même temps, comporte une allusion à la date du miracle que l’on célèbre : « Hanou » et  כה, ce qui signifie « ils se sont reposés (de leurs batailles) le 25″.

Tous les soirs de cette fête, chaque famille juive prend soin d’allumer et de placer bien en vue, près d’une fenêtre un lampadaire, la hanoukkia, un chandelier avec 8 branches plus une, le serviteur pour allumer les huit autres.

Toutes ces lumières cependant finissent par s’éteindre, or, une lumière plus éclatante a resplendi sur notre terre et brillera à jamais d’une clarté incomparable dans les cœurs de tous ceux qui l’auront choisie pour illuminer leur vie.

Cette lumière est la véritable lumière qui éclaire tout homme soucieux de sortir des ténèbres. 

Shiméon/Simon dans ce même temple de Jérusalem autrefois reconquis par Judas et son armée, avait compris qu’il tenait dans ses bras un nouveau-né, qui délivrerait l’humanité des ténèbres spirituelles. 

« Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Shiméon. C’était un homme juste et pieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Siméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Yeshoua pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Siméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon Ta parole. Car mes yeux ont vu Ton salut, que Tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. » (Luc 2 : 22-40)

Conclusion

« Je suis la lumière du monde, nous dit Yeshoua, celui qui Me suis ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8 : 12)

Yeshoua est la lumière, le phare puissant, qui nous sort des ténèbres intérieurs et nous oriente vers le Royaume de D.ieu.