L’offrande du mishkan, drash donné par Rav Emmanuel Rodriguez

La construction du mishkan, la pensée de D.IEU

Le sanctuaire (miqdash) est un espace sacré dont l’élément principal est le tabernacle (mishkan), que les hébreux ont construit dans le désert selon des prescriptions divines très précises.

La description de la construction du mishkan se trouve notamment dans L’Exode, chapitres 25 à 31.

Il représentait « la maison » de D.ieu durant l’exode des hébreux et était destiné à abriter l’Arche de l’Alliance et les Tables de la Loi transmises à Moïse.

Au commencement de la construction de ce temple dans le désert, une contribution est demandée au peuple d’Israel. D.ieu demande une contribution à son peuple.

Et l’Éternel parla à Moïse, en disant :

« Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils prennent une offrande pour moi. Vous recevrez mon offrande de tout homme que son cœur y disposera. Et voici l’offrande que vous recevrez d’eux : de l’or, de l’argent et de l’airain, de la pourpre, de l’écarlate, du cramoisi, du fin lin, du poil de chèvre, des peaux de bélier teintes en rouge, et des peaux de couleur d’hyacinthe, du bois de Sittim, de l’huile pour le luminaire, des aromates pour l’huile de l’onction, et pour le parfum aromatique, des pierres d’onyx et des pierres d’enchâssure pour l’éphod et pour le pectoral. Et ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux ; vous le ferez exactement semblable au modèle de la Demeure et au modèle de tous ses ustensiles, que je vais te montrer. »(Exode 25)

Du matériel au spirituel

Cela va définir l’ATTITUDE DU COEUR.

Quand le coeur donne, il donne selon ce qu’il est lui-même. Derrière le don matériel, c’est l’homme qui se donne au service de D.ieu.

L’Eternel demande une offrande de coeur, et en même temps, nous recevons une offrande de l’Eternel.

Tous ces détails ont un but : l’obéissance de l’homme.

Tu ne te feras point un sanctuaire selon tes propres critères. Par contre, si tu es conforme au modèle, D.ieu résidera dans le sanctuaire. Car Il veut être à l’intérieur de nous-mêmes. Il ne doit être ni obligation ni routine, mais coeur vivant. Il faut passer du visible à l’invisible.

Le don de soi

Chaque être humain a une âme de vie, une intelligence, une force, une volonté, un certain nombre d’attributs qui le différencient des autres espèces.

Notre relation avec D.ieu ne veut pas dire forcément « prière ». Cela touche tous les aspects de notre vie. Ce n’est pas l’homme qui peut apporter la rédemption, c’est le Messie seul.

Aujourd’hui, nous sommes dans l’économie, l’épargne, le temps gagné. Le don de soi s’est effiloché. Le don est une offrande parfois partielle, parfois pleine.

Offrir à D.IEU

Ce qui définira l’homme toute sa vie : c’est sa capacité de se donner entièrement à l’Eternel et rares sont ceux qui ont le don du coeur.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui- même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ; que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement, et celui qui exhorte à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité; que celui qui préside le fasse avec zèle; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie. » (Romains 12)

C’est dur aujourd’hui, car nous avons le pouvoir sur nos emplois du temps, et nous essayons d’y inclure D.ieu.

« Celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il l’a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2 Corinthiens 9)

« Et maintenant, frères, je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui peut vous édifier et vous donner l’héritage avec tous les saints. » (Actes 20 : 32)

Yeshoua dit aux disciples : « Laisse tout et suis-moi »

Il faut beaucoup de confiance et d’amour, un niveau d’amour très important pour tout quitter et suivre Yeshoua.

Les apôtres sont devenus les « hommes piliers », les « hommes colonnes » du Royaume de D.ieu.

« Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » (1 Timothée 3 : 14)

Quand on se donne, il n’y a plus de calcul.

S’il n’y a pas le don du coeur, nous sommes des assistés, de simples consommateurs.

L’importance du fondement

Tout nous enseigne l’importance des fondations.

Yeshoua Térouma est le fondement.

Il y a différents niveaux de consécration, d’enthousiasmes au service de D.ieu.

Le but ultime de la création, c’est le règne de Yeshoua.

Le mishkan a les fondements physiques et spirituels.

Si nous avons des fondements légers, les épreuves sont dures à vivre, lourdes à supporter.

Notre fondement En Lui ne se situe pas dans le monde matériel, dans la matérialité.

Le fondement que veut D.ieu, c’est le fondement réel qui détermine notre capacité à supporter les épreuves.

Si notre coeur n’est pas fondé en Lui, nous nous effondrerons, nous ne tiendrons pas sur le long terme.

L’appel : fait pour établir des fondements solides

Pas de fondement sans fondations.

Creuser des fondations n’est pas facile ; la terre est très dure, il faut la retourner, il y a des pierres. Cela demande un gros effort.

Plus les fondations sont profondes, plus cela demande de l’énergie, et plus elles démontrent notre volonté d’avoir des fondations solides.

Creusons dans nos coeurs ! Notre appel est d’établir des fondements solides.

Soumission à Sa Volonté pour marcher avec D.IEU

D’ABORD LE TEST DE L’OBEISSANCE : LA DESOBEISSANCE EST DANS L’EGOISME

Renoncer à son esprit rebelle, c’est un effort à faire sur soi.

Se soumettre à D.ieu, c’est accepter d’être conduit, dirigé par D.ieu.

Il ne peut pas y avoir deux volontés dans un seul homme.

L’acte de soumission à D.ieu rejoint le don de soi.

Si je veux quelque chose de solide, je dois renoncer à moi-même, accepter le joug de la royauté céleste.

Eve a choisi la mort en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle a succombé à deux choses :

  • la VUE du fruit (qui lui parut agréable)
  • et la VOIX du serpent (qui la séduisit)

Aujourd’hui encore, dans nos actes quotidiens, nous choisissons la VUE et l’OUIE, qui satisfont notre position sociale, et nous sortons de la soumission à Yeshoua.

Tout nous amène à travailler sur nous-mêmes.

On ne médite pas assez, D.ieu veut que nous travaillions notre coeur. Nous sommes trop dans l’action.

Le renoncement à soi se définit par la réceptivité à Sa volonté. Faire la volonté de D.ieu, c’est creuser des fondations là où personne ne le fait.

Cela implique plus de travail. Le service de D.ieu passe par la fondation, un travail en profondeur.

La puissance de la foi

Notre coeur doit être imprégné du Royaume de D.ieu.

Nous devons trouver équilibre et harmonie entre prière et action, les deux étant liées et importantes.

Le point clé du service de D.ieu : une vie sans prière est une fontaine sans eau.

Le socle de la journée : la rencontre avec D.ieu par la prière dans la compréhension des buts.

La prière doit être alimentée par l’étude du coeur, ce qui donne de la force.

« Je Te suis reconnaissant », « Je Te rends grâces », « Je Te remercie » : l’expression de la joie du salut ne doit cependant pas tomber dans la tradition ni la routine.

Quand on est dans cet état de conscience, on a la conscience de la vie, et non le vide. L’étude de la Parole donne la pratique à suivre.

La plupart d’entre nous recherchent ce qui les valorisent, alors qu’il s’agit de faire Sa volonté.

Ne sois rien, sois le reflet du Ciel. Sois le reflet de l’invisible.

Nous pouvons toujours essayer de construire avant de creuser les fondations. Erreur.

La communauté

La fondation qu’il faut aussi creuser, c’est la communauté.

Nous devons :

  • méditer sur la vie au sein de la communauté : repositionner nos coeurs, nous solidariser, nous encourager, ne pas jalouser l’appel reçu par nos frères et soeurs
  • apprendre à ne plus penser « individuel », car lorsque Yeshoua forme une communauté, ce n’est pas une multitude d’individualités, d’individualismes. Celui qui aura voulu être indépendant et seul, finira seul.

Nous devons construire notre modèle du mishkan et créer notre espace sacré pour accueillir, recevoir D.ieu !

 

Notes

(1) Drash ou Midrash : le mot signifie en hébreu « qui vient du drash ».

Le Dictionnaire International des termes littéraires définit le terme ainsi : « Nom hébreu masculin singulier formé sur la racine d-r-sh, plus précisément sur le verbe darash : exiger, interroger, examiner, d’où interpréter en profondeur. Midrash apparaît à deux reprises seulement dans la Bible, dans un contexte identique (II Chroniques 13,22 et 24,27 : [les autres événements de la vie du roi] sont mentionnés dans le midrash d’un prophète). Le mot signifie donc ici récit, exposé détaillé. Dans la littérature talmudique, il prend parfois le sens d’étude.

(2) Paracha Térouma (Terouma, Teroumah, Trouma ou Troumah תרומה) = “don” au sens de “contribution”, offrande, espace sacré.