Parasha Nitzavim-Vayelekh 

« Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd’hui, devant l’Éternel votre D.ieu : vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, tout homme d’Israël, vos jeunes enfants, vos femmes et ton converti qui est à l’intérieur de ton camp ; depuis vos coupeurs de bois jusqu’à vos porteurs d’eau. » (Deutéronome 29, 9 – 31, 30)

La rédemption future

Moïse avertit de l’exil et de la désolation de la Terre Promise qui résulteraient d’un abandon des lois de D.ieu. Mais aussi, il annonce qu’à la fin :

« Tu retourneras vers l’Éternel ton D.ieu… Si tes dispersés étaient au bout des cieux, de là l’Éternel ton D.ieu te rassemblerait… Il t’amènera vers le pays dont avaient pris possession tes pères. »

« Cette loi que Je t’ordonne aujourd’hui, elle n’est pas loin de toi… Elle n’est pas dans les cieux… Elle est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour l’accomplir. »

« Vois, J’ai placé devant toi aujourd’hui la vie et le bien, la mort et le mal… Ce sont la vie et la mort que J’ai placées devant toi, la bénédiction et la malédiction : tu choisiras la vie. »

La paracha de Vayelekh (« Et il alla ») retrace les événements survenus le dernier jour de la vie terrestre de Moïse : « Je suis âgé de 120 ans aujourd’hui » dit-il au peuple, « Je ne peux plus sortir et entrer ». Il transmet la direction du peuple à Josué et écrit (ou achève l’écriture de) la Torah sur un parchemin qu’il remet aux Lévites pour être gardé dans l’Arche de l’Alliance.

Le commandement du Hakhel (« rassemblement ») est donné : tous les sept ans, pendant la fête de Souccoth suivant l’année sabbatique (la chemitah), le peuple d’Israël tout entier – hommes, femmes et enfants – se rassemble dans le Temple à Jérusalem, où le Roi leur lira des passages de cette Torah.

La paracha de Vayelekh s’achève avec la prédiction que le peuple d’Israël se détournera de son alliance avec D.ieu. Alors, Il cachera Sa face. Mais une promesse est faite aussi : les mots de la Torah « ne seront pas oubliés de la bouche de sa descendance ».

La Haftarah de Nitsavim-Vayelekh (Isaïe 61, 10 – 63, 9)

Cette Haftarah est la dernière des « Sept Haftaroth de Consolation » qui commencent le Shabbat qui suit Tichea BeAv jusqu’à celui qui précède Rosh HaShana.

Le prophète commence par décrire la joie qui sera la nôtre lors de la Délivrance messianique, la comparant à celle d’un couple fraîchement marié.

« Je veux me réjouir pleinement en l’Eternel, que mon âme se délecte en mon Dieu ! Car Il m’a revêtu de la livrée du salut, enveloppé du manteau de la victoire : tel un fiancé orne sa tête d’un diadème, telle une jeune épouse se pare de ses joyaux. » (Isaïe 61, 10)

Isaïe déclare exprime ensuite son refus d’attendre passivement la Rédemption :

« Pour l’amour de Sion, je ne garderai pas le silence, pour Jérusalem je n’aurai point de repos, que son salut n’ait éclaté comme un jet de lumière, et sa victoire comme une torche allumée. » (Isaïe 62, 1)

Il implore les pierres de Jérusalem de ne pas demeurer silencieuses, jour et nuit, jusqu’à ce que D.ieu restaure Jérusalem et la rétablisse dans sa gloire.

La Haftarah relate ensuite le serment de D.ieu de racheter Sion, et que les Juifs diront les louanges de D.ieu à Jérusalem. Elle contient aussi une description du châtiment que D.ieu infligera à Edom et aux ennemis d’Israël.

Isaïe conclut par la célèbre déclaration :

« Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec eux, et l’ange de Sa présence les a sauvés » (Isaïe 63, 9)

Comme un père aimant qui partage la douleur de son enfant, D.ieu partage également les souffrances de Son peuple et attend avec eux la rédemption.

La parasha de cette semaine, est celle qui nous prépare à Rosh HaShana et dit : « Vous vous tenez tous debout aujourd’hui devant D.ieu ». 

Rosh HaShana est le jour où chaque personne se tient seule devant D.ieu et se voit jugée individuellement en fonction de ses actes de l’année écoulée.

Pourquoi, dans ce cas, l’unité est-elle soulignée dans ce verset ?

La révélation de cette unité apportera la bénédiction et la joie à toute la création pour la nouvelle année. « Rosh HaShana » signifie : « tête » (rosh) de l’année.

La tête est l’organe le plus sensible et le plus important du corps, qui distribue la vitalité aux organes et est le siège de la personnalité, de la compréhension et des sens, et qui unifie l’ensemble des fonctions corporelles.

De même, Rosh HaShana est la « tête » de l’année ce qui déterminera toutes les fonctions de chaque jour de l’année. Ce qui va unifier ou diviser les relations d’Israël, des nations et des communautés. 

Cela nous enseigne que nous devons faire tout notre possible, en ce jour, pour que se réalise cet avènement.

L’enseignement fondamental de la Parasha Nitsavim nous enseigne que :

« Si le ciel est vital pour la terre, la terre est vitale pour le ciel. Si la Torah ne peut se perpétuer sans l’homme, la terre ne peut se perpétuer sans le ciel ».

C’est ce message essentiel que nous confirme la «Paracha Vayélèkh », en s’achevant sur « le peuple d’Israël se détournera de son Alliance avec D.ieu, mais une promesse sera faite :

« Les mots de la Torah ne seront pas oubliés de la bouche de sa descendance : Ki lo Tishaka’h Mipih Zaro ! » (Deutéronome 31,21)

En développant notre étude sur « Vayélèkh » , que nous lisons cette année après « Nitsavim » et qui est la Paracha où sont retracés les événements survenus au dernier jour de la vie de « Moïse », nous apprenons que le Texte, une fois retranscrit, fut remis aux Lévites pour qu’ils le gardent dans l’Arche Sainte.

Puis, « D.ieu fit appeler devant toute l’assemblée Yehochua Ben Noun , Josué fils de Noun, pour que les ordres lui soient donnés ».

La disparition de « Moïse » se fera sur le mont « Nébo » (Deutéronome 32,49), mais avant de disparaître, il devra déléguer son Savoir suprême au seul apte à le recevoir ; ce sera « Josué » : parce qu’il est « Ben Noun » !

Le nombre cinquante, est la valeur numérique de la lettre « Noun » נ , et la passation se fera sur le mont « Nébo », נבו qui se décompose en «Noun Bo», בו ן, littéralement « le cinquante en lui », quant à l’héritier élu il sera « Yehochua Ben Noun », parce qu’il est fils du « Noun » ; le « fils du cinquante » !

Le parallèle entre Moïse et Yeshoua notre Messie est saisissant.

Moïse inaugure la délivrance des hébreux par la fête de Pessah et le sang des agneaux : Moïse prit le sang, et il le répandit sur le peuple, en disant :

« Voici le sang de l’alliance que l’Eternel a faite avec vous selon toutes ces paroles.

Il leur dit :

« J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de D.ieu. »

Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit :

« Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »

Il est l’Agneau de D.ieu qui a vaincu. Yeshoua est l’agneau de Pessah qui ôte le péché du monde.

Moïse avant sa mort donne ses dernières paroles : « Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de D.ieu et Yeshoua, après avoir dit cela, fut élevé et pendant qu’ils le regardaient, une nuée le déroba à leurs yeux. »

Il est celui qui a vaincu la mort et contrairement à Moïse, il est ressuscité, lui seul établira le royaume de D.ieu. 

Pensées quotidiennes messianiques 

Dimanche :  aimer l’autre

Première lecture : Deutéronome 29,9–28

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que celui-là », dit Yeshoua dans Marc (12, 28-31)

Aujourd’hui, on constate une très forte exigence d’être aimé, d’être reconnu dans sa singularité, dans sa particularité.

La question de l’estime de soi se pose dans notre société, où le sujet est en crise d’identité, renvoyé à lui-même pour se construire sa propre identité.

Le prochain n’est plus l’autre à aimer, parce que sa proximité exige que je l’aime : le prochain, c’est aussi celui dont je décide de me faire proche.

« Je vous donne un commandement nouveau. Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. En ceci, tous connaîtront que vous êtes mes Disciples, si vous avez de l’amour l’un pour l’autre. » (Jean 13 : 34-35)

« Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » (1 Jean 3 : 14)

Lundi : « L’aimer de toutes ses forces »

Deuxième lecture : Deutéronome 30,1–6

Il nous est dit ici de retourner vers D.ieu de tout notre cœur et de toute notre âme.

Il nous été précédemment demandé d’aimer D.ieu, non seulement de tout notre cœur et de toute notre âme, mais encore de toutes nos forces.

Que peut signifier pour nous d’aimer D.ieu « de toutes nos forces » ?

Cela signifie s’abandonner entièrement à Lui, être prêt à abandonner le reste, employer toute son énergie et tous ses talents pour Le servir, c’est-à-dire aller au-delà de nos capacités naturelles.

« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi, la sauvera. » (Luc 9 : 24)

Mardi : « La Torah de vie »

Troisième lecture : Deutéronome 30,7–14

 « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin de garder tout ce qui y est écrit, pour l’accomplir. Car alors, tu réussiras dans tes chemins, et alors tu seras intelligent » (Yéhochoua 1, 8)

Le sens contenu dans la Torah est inépuisable. Celui qui l’étudie y découvre sans cesse de nouveaux aspects et un intérêt toujours nouveau.

Après avoir été commentée pendant des siècles, elle offre à chaque nouveau disciple, la même abondance d’idées et la même richesse de valeurs spirituelles et morales qu’au jour de la Révélation. Aucun texte au monde ne recèle de telles possibilités.

Cela n’a rien à voir avec les livres profanes qui, une fois l’histoire comprise, ont « livré » tout ce qu’ils contenaient ou presque. Avec la Torah, il est impossible d’épuiser totalement le sens d’un texte.

« Tant que l’homme méditera ses enseignements, il y trouvera du goût ».

D’où le verbe conjugué au présent dans la bénédiction finale relative à l’étude de la Torah : (hamelamed noten) המלמד « enseigne », נותן « donne » signifie « Enseigne et donne ».

« Mes paroles sont esprit et vie » dit Yeshoua le Messie

Mercredi : le libre arbitre et la rétribution

Quatrième lecture : Deutéronome 30,15–31,6

Jeudi : comment rechercher l’inspiration dans la Torah

Cinquième lecture : Deutéronome 31, 7–13

Vendredi : donner un sens au mal

Sixième lecture : Deutéronome 31, 14–19

Ce verset nous enseigne qu’afin de nous mettre devant nos propres fautes, D.ieu nous les montre chez d’autres personnes.

« Parce que mon D.ieu n’est pas au dedans de moi », autrement dit : « Parce que je ne possède pas assez de maturité spirituelle pour être sensible à mes propres défauts », la conséquence a été que « ce mal m’a atteint », autrement dit, « j’ai été conduit à voir mon propre mal incarné dans un autre Juif ».

Aussi, plutôt que de se focaliser sur les fautes des autres, il convient de nous concentrer sur leurs vertus et d’excuser leurs défauts.

Il s’agit non seulement que notre esprit relève les vertus des autres, mais encore de les complimenter pour leurs qualités et les louer auprès d’autres personnes. Ainsi favoriserons-nous l’amour et le respect mutuels.

Tout comme nous sommes invités à inspirer notre entourage à aimer D.ieu, le devoir nous est également fait d’inspirer notre entourage à aimer chaque Juif, car aimer notre prochain nous conduit à aimer D.ieu.

Shabbat : être uni à la Torah

Septième lecture : Deutéronome 31, 20–30

La présence dans l’Arche de la Torah indique que nous devons d’abord faire l’expérience de notre lien immanent avec la Torah et ensuite emporter cette expérience avec nous dans notre vie ordinaire.