Une prière remarquable de Yom Kippour, par Paul Ghennassia

« Le Messie notre Justice s’est détourné de nous. Nous sommes alarmés, nous n’avons personne pour nous justifier. Il a porté nos péchés et le joug de nos transgressions. Il a été blessé pour nos iniquités. Il a porté nos péchés sur ses épaules. 

C’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. D.ieu tout puissant, hâte le jour de sa nouvelle venue vers nous, afin que nous puissions entendre pour la seconde fois du Mont Lebanon, le Messie qui a pour nom Yenon. »

Cet extrait du livre de prières israélites correspond au 53ème chapitre d’Isaïe (ou Ésaïe), presque mot pour mot.

Le rabbin Yannaï (1) dans Sanhédrin 98, folio 2, dit du Messie :

« Son nom sera Yenon, car il est écrit : son nom durera à jamais ; son nom durera aussi longtemps que le soleil » (Psaume 72 : 17)

Le mot « Yenon », ici traduit par « durer », signifie à la fois « Je suis » et « Je serai ».

Nous citerons maintenant des passages du Zohar (2), de Midrashim (3) et autres écrits rabbiniques qui sont tous d’accord pour affirmer que Esaïe 53 se rapporte au Messie Yeshoua (Jésus).

Le Targum (4) enseigne explicitement que tout le chapitre de Esaïe 53 se rapporte au Messie. 

Sur Esaïe 52:13, il ajoute ce commentaire : « Mon Serviteur, le Messie, sera grand, lui qui a été blessé pour nos péchés« .

Le Midrash Tauchumi le commente ainsi : « II sera exalté et élevé plus haut qu’Abraham, plus haut que Moïse, plus haut que les archanges« , ce qui ne peut s’appliquer qu’à YESHOUA HA’MASHIAH.

Dans Midrash Rabba

Dans Midrash Rabba (5), du rabbin Moïse le prédicateur (p. 660), nous lisons :

« D.ieu, depuis le commencement, a fait une alliance avec le Messie et lui a dit : « Toi, le Messie que J’envoie et qui est Saint, les péchés de ceux qui te sont confiés pèseront lourdement sur toi ; tes oreilles entendront des choses honteuses : ta bouche goûtera l’amertume ; ta langue se collera à ton palais et ton âme sera défaillante de douleur. Es-tu satisfait ? » Et il répondit : « J’accepte joyeusement ces agonies afin qu’aucun en Israël ne soit perdu« .

Et le Messie accepta ainsi toutes les agonies avec amour, ainsi qu’il est écrit dans Esaïe 53 : 7 :

« il est maltraité et affligé »

Dans le Zohar

Dans le Zohar, considéré par les Juifs pieux comme le plus saint des livres, nous lisons ce qui suit :

« Dans le jardin d’Eden, il y a un palais appelé le palais des souffrants. Quant le Messie entre dans ce palais et appelle à lui tous les souffrants et les affligés, toutes les agonies d’Israël tombent sur luiSi le Messie ne voulait pas délivrer Israël de ses agonies et les prendre sur lui, personne d’autre ne pourrait supporter le châtiment d’Israël pour ses transgressions de la loi. »

Car il est écrit dans Esaïe 53 : 4 :

« Sûrement, il a porté nos péchés »

Dans Siphre D’Bay Rav, nous lisons :

« Ainsi, dit le rabbin Joseph de Galilée : « Venez et apprenez les mérites de notre Roi le Messie, qui souffre pour nos transgressions« , ainsi qu’il est écrit dans Esaïe 53 : 5 :

« Mais il a été blessé pour nos transgressions ».

Un grand nombre de Juifs sont devenus des croyants en Yeshoua par la lecture de cet admirable 53ème chapitre qui n’est qu’un des nombreux passages du Tanakh, révélant la vérité que :

YESHOUA est MASHIAH BEN DAVID

Jésus, fils de David, est le Messie

 

Notes

(1) Rabbi Yannai (hébreu : רבי ינאי) était un sage juif, vivant pendant la première moitié du 3ème siècle et de la première génération des sages Amora de la Terre d’Israël. Rabbi Yannai a fondé un Beth Midrash, à Akbara, en Haute Galilée, où il a enseigné la Torah tout en servant de Dayan (= juge religieux), au Beth Din, dans la communauté Sepphoris. Son nom est mentionné 176 fois dans le Talmud babylonien et 254 fois dans le Talmud de Jérusalem.

Un Beth Midrash est un centre avancé d’études de la Torah.

Un Beth Din, aussi écrit Beit Din, de l’hébreu « בית דין », signifie la maison du jugement et désigne un tribunal religieux.

(2) Le Sepher ha-Zohar (Livre de la Splendeur), aussi appelé Zohar (זֹהַר), est l’œuvre maîtresse de la Kabbale, rédigée en araméen. La Kabbale est une tradition juive donnant une interprétation mystique de la Bible.

La paternité en est discutée : il est traditionnellement attribué à Rabbi Shimon bar Yohaï, Tana du 2e siècle, mais la recherche académique considère aujourd’hui qu’il fut rédigé par Moïse de León ou par son entourage entre 1270 et 1280. Il s’agit d’une exégèse ésotérique de la Torah ou Pentateuque.

Une exégèse ésotérique est une étude approfondie et critique d’un texte, qui n’est compréhensible que des initiés (hermétique).

Le Pentateuque est l’ensemble des cinq premiers livres de la Bible, chez les chrétiens. Pour les juifs, ces cinq livres constituent la Torah.

(3) Les Midrashim : nom hébreu formé sur la racine d-r-sh, plus précisément sur le verbe darash : exiger, interroger, examiner, d’où interpréter en profondeur. Les Midrashim, composés entre le 4e et le 13e siècle, sont des commentaires, plus ou moins verset par verset, de certains livres de la Bible.

On distingue :

  • les Midrashim halakhiques, qui interprètent les passages juridiques/législatifs, et
  • les Midrashim aggadiques, qui expliquent les passages non juridiques/non législatifs.

(4) Le Targum est la traduction de la Bible hébraïque en araméen. C’est la version du texte hébreu de la Torah accompagné de commentaires en araméen, langue qui s’était substituée à l’hébreu pendant la captivité des Juifs à Babylone.

(5) Le Midrash Rabba (hébreu : מדרש רבה Midrash Rabbah) désigne un ensemble de dix recueils de midrashim aggadiques sur les cinq Livres de la Torah (Genèse Rabba, Exode Rabba, Lévitique Rabba, Nombres Rabba et Deutéronome Rabba), et les cinq Rouleaux (Cantique Rabba, Ruth Rabba, Esther Rabba, Lamentations Rabba et Ecclésiaste Rabba).