Le texte de Mikha 7, 18-20

On ne trouve pas de traces de cette coutume dans le Tanakh, ni dans le Talmud, ni dans les auteurs postérieurs jusqu’à ce que le Chah ha qadoche (commentaire sur Rosh Ha Shana dans Chéné Lou’hote habérite) présente cette pratique comme une coutume ancienne (minhag vatiqine) basée sur le verset 7,19 de Micka (lire tout le chapitre 7 de Michée) :

« Tu plongeras tous nos péchés dans les profondeurs de la mer, vétachlikh bimtsoulote yam col ‘hatotam ».

On remarque que le texte en hébreu dit « tous leurs péchés » et qu’il s’agit de ceux dont on parle dans le verset précédent, c’est-à-dire nous.

Dans le psaume 68, 23, Hachem dit :

« De Bachane, je ramènerai mon peuple des profondeurs de la mer ».

Donc, c’est un lieu d’épreuve et de salut. On pense aussi à l’histoire du prophète Jonas et de la téchouva (repentance).

Dans les deux contextes cités, les versets précédents parlent de Bachane et des ennemis qui, ce jour-là, seront pleins de honte pour tout le mal qu’ils ont fait à Israël.

On pense à ces religions qui persécutent Israël au nom de D.ieu et qui verront alors en face, le salut d’Israël et leur violence envers Son peuple dénoncée par Hachem. Elles seront dans la peur. En fait, elles symbolisent aussi nos propres fautes.

Le texte fait alors l’éloge des qualités de bonté de Hachem qui pardonne les fautes, oublie les méchancetés, ne reste pas en colère, prend en pitié.

C’est l’allusion aux 13 qualités de Hachem que l’on dit et redit sans cesse dans les Séli’hotes (Chémote 34,6-7).

Le texte se termine par une allusion à Avraham :

« Titéne émet lé Yaaqov, ‘héssed lé Avraham (Tu donneras à Yaâqov Ta fidélité, la bonté à Avraham), achér nichbâta la avoténou mimé qédem (que Tu as juré à nos pères dans les temps antiques). »

Que vient faire ici Avraham (Abraham) ?

Il a sa place dans la coutume du Tachlikh car le Middrache Tan’houma (paracha Vayéra, 22) raconte sa montée pendant 3 jours vers la Aqéda et l’épreuve empire dans cette marche car soudain le Satane place devant eux un fleuve (nahar) très profond (même thème) qu’ils doivent traverser à pied. Et, quand Avraham a de l’eau jusqu’au cou (higuiou ha mayim âd tsavaro), il lève les yeux vers les cieux et s’adresse au Maître du monde (Ribono chel ôlam) : « Tu m’as dévoilé Ton dessein et Tu me l’as ordonné, Tu m’as même dit que Tu est unique (ya’hid) et que je suis unique (ya’hid) et tu m’as dit de sacrifier mon fils Yits’haq et je suis en train de réaliser Ta mitsva et voici que les eaux m’arrivent jusqu’au prendre ma vie. Si on se noie (tovéâ), qui aura accompli Ta volonté ? Et par qui sera unifié Ton nom ?« .

Les patriarches sont en tout notre modèle, ils nous ont guidé en leur parcours.

Il ne s’agit donc pas uniquement de péchés à faire disparaître selon un rite pittoresque, mais il s’agit d’une relation à Hachem et de tout un ensemble.

Le Chla cite le Zohar 3, 101b qui fait un parallèle entre ce rite et celui du Cohen plaçant les péchés d’Israël sur le bouc émissaire et le précipitant dans les profondeurs du ravin. « Celui qui tombe dans les profondeurs de la mer (mane dé napil bimtsoulote yam, lo échtaka’h léâlime), on ne le retrouve plus jamais car les eaux le recouvrent pour toujours… ».

Il ne s’agit pas d’un oubli mais d’une « séparation » du bon et du mauvais comme dit Michlé 25,4: « hagou siguim mikkassef, séparez les scories de l’argent ».

Quand on retournera ses poches sur la surface de l’eau, il faudra donc vivre en nous-mêmes une déchirure entre le mal et le bien, une séparation ensuite, qui devra être définitive.

Nous sommes comme les poissons vivants qui sont plongés dans ce qui pourrait être un piège terrible. Et ils survivent et le mal n’a pas pouvoir sur eux définitivement, ils voient toujours, ne ferment pas les yeux (comme D.ieu) et le mal ne peut les vaincre, ils pullulent et se multiplient par une vie surabondante. Ce thème a été repris dans des applications concrètes par les amulettes sur le poisson contre le mauvais oeil. Leurs yeux toujours ouverts (éinéhém tamid péqou’hot) symbolisent la miséricorde (ra’hamim) de D.ieu toutjours vigilante et agissante.

C’est le psaume 121 qu’on lit après Arvite: « il ne dort ni ne sommeille le gardien d’Israël, hiné lo yanoum vé lo yichane chomer Yisrael » et le psaume 124 (les lire): » j’ai levé les yeux, sans Lui les eaux m’auraient submergé », etc.

Dans le Livre des Psaumes

Le psaume 33

Il reprend les thèmes du Créateur organisant les profondeurs, détruisant les projets nocifs des nations, les yeux ouverts de Hachem envers Son peuple, notre confiance en Lui.

Le psaume 69

Il reprend un grand nombre de ces thèmes. On comprend à la fin que notre travail personnel entraîne aussi le salut d’Israël.

Le psaume 118 5-9 

Il reprend les thèmes que nous connaissons maintenant : la profondeur de la détresse, le salut, la vue, Hachem comme abri sûr.

Le psaume 119, 89

« Léôlam Hachém, dévarékha nitsav bachamayim »
« Pour toujours, Hachem, Ta parole subsiste dans les Cieux ».

Le psaume 130

Il reprend les thèmes des profondeurs de l’abime, des fautes, de l’espoir, des regards des guetteurs, de la libération des fautes.

Le texte d’Isaïe 11,9

« Plus de violence, plus de méfaits sur toute Ta montagne sainte car la terre sera pleine de la connaissance de Hachém comme l’eau abonde dans le lit des mers ».

Nous vivons le plus concrètement cette réalité, tant dans la violence de nos ennemis proches et des nombreux pays qui les soutiennent dans le monde concernant notre montagne sainte, mais aussi notre violence et nos méfaits de déserter ce lieu sain ou de se comporter dans Son pays selon des règles immorales et non fraternelles. Et la Torah comme une eau de vie qui abondera, notre tâche commune.

La mitsva : l’écoute du Shofar

Et il y a surtout la sonnerie du Shofar qui n’est pas un usage, mais une mitsva, c’est-à-dire un ordre à exécuter.

La mitsva n’est pas de « sonner » du Shofar mais « d’entendre le son du Shofar ».

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