D’Elie à Elisée, les fougueux voyants

Précédemment : Samuel, le faiseur-de-roi malgré lui

Nous voici au 9e siècle avant Yeshoua/Jésus-Christ, et Israël n’était plus ni fort, ni uni, ni sûr.

La nation avait atteint un extraordinaire apogée sous David et Salomon, au siècle précédent ; mais tout semblait en passe de se désagréger, la nation, l’état et la religion.

L’effondrement aurait bien pu être total, sans les paroles et les actes courageux de deux formidables personnalités : le grand Prophète Elie et son disciple et successeur Elisée.

Si l’on peut dire du 11e siècle avant Yeshoua/Jésus-Christ qu’il a été celui de Samuel et de Saül, du 10e qu’il a été celui de David et de Salomon, le 9e a été celui d’Elie et d’Elisée, du fait de leur impact sur le royaume du nord d’Israël.

L’illustre David

Le roi David avait consolidé la nation juive sur son propre sol et restauré sa religion unique comme le centre de la vie juive.

Il s’empara de Jérusalem, l’enclave jébuséenne qui avait séparé les tribus du sud des tribus du nord, et proclama cette ville, située au centre d’Israël, capitale politique, ce qui constituait un trait absolument nouveau dans l’administration des tribus.

Il fit ensuite transporter l’Arche d’Alliance de Qiryat-Yéarim à Jérusalem, de manière à ce que le centre politique devienne également la capitale religieuse de la nation. Il acquit pour elle un emplacement au point le plus élevé de cette ville de collines, le traditionnel Mont Moriyya qui, à l’époque, était l’aire d’Arauna le Jébuséen (2 Samuel 24:18).

David avait insisté pour acheter ce terrain, bien qu’on le lui ait offert en cadeau et à son sommet, il fit élever pour abriter l’Arche, un bâtiment en forme de tente, soulignant ainsi son lien avec la tente de nomade qui avait abrité le Sanctuaire dans le désert du Sinaï. Le fait d’établir le Tabernacle à l’intérieur de la capitale administrative fit beaucoup pour créer un lien entre les tribus et Jérusalem, et renforcer l’unité politique.

David consolida fermement les frontières du Royaume d’Israël, par une judicieuse combinaison d’alliances diplomatiques et par une série de campagnes victorieuses contre les Philistins et autres voisins menaçants, qui furent soumis à un tribut.

Au cours de son règne, Israël devint l’Etat le plus puissant de tout le territoire qui s’étend de l’Assyrie au nord-est à l’Egypte au sud-ouest.

La victoire sur les Philistins lui assura le contrôle de la plaine côtière méditerranéenne. La prise de Damas et d’autres villes plus au nord étendit sa domination jusqu’à l’Euphrate. Ses frontières de l’est englobaient la Transjordanie et ses territoires du sud lui apportaient un débouché sur la Mer Rouge par le golfe d’Aqaba.

Le temple de Salomon

Son fils et successeur, le roi Salomon, recueillit les fruits de toutes ces réalisations politiques et militaires, et, libéré des menaces extérieures et par conséquent de batailles à livrer, il put s’employer entièrement à préserver l’oeuvre militaire et diplomatique de son père et à faire progresser la prospérité matérielle de la nation.

Il édifia une formidable organisation militaire basée sur le char. Il fortifia des centres stratégiques et installa des bases militaires. Sur le front diplomatique, il renforça les alliances contractées par son père, en particulier la pus importante avec Hiram, roi de Tyr, et en forgea de nouvelles. Au nombre de ces dernières figuraient d’amicales relations avec l’Egypte, judicieusement favorisées par son mariage avec la fille du pharaon.

Dans le domaine économique, Salomon arma une flotte (1 Rois 9:26), entretint un florissant commerce maritime, et développa l’industrie du cuivre.

Ma sa réalisation la plus spectaculaire, en raison de son impact sur l’unité et l’histoire de son peuple, fut la construction de la Maison du Seigneur, le Temple, sur le site où son père avait élevé le tabernacle.

Quoique le bâtiment fût somptueux, l’intérieur obéissait à la traditionnelle simplicité avec laquelle les Hébreux avaient mis en pratique et cultivé leur nouvelle foi.

C’était la seule religion de l’époque qui ne façonnât pas de forme matérielle ou d’image de D.ieu.

Le coeur du Temple était le débir, un cube contenant l’Arche d’Alliance qui, depuis l’époque du Sinaï, était habitée par l’Etre Suprême, Adonaï.

« Il n’y avait rien dans l’Arche, sauf les deux tables de pierre que Moïse y déposa à l’Horeb, les tables de l’Alliance que Yahvé avait conclue avec les Israélites » (1 Rois 8:9)

Et lors de l’inauguration, après que l’Arche eut été respectueusement placée dans l’obscurité du lieu très saint, il arriva que :

« quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la nuée remplit le Temple de Yahvé » (1 Rois 8:10)

Le peuple d’Israël assemblé au dehors dans la cour ensoleillée se tourna vers le sanctuaire sombre, sans image, et adora la divine présence, tandis que Salomon proclamait la nature du D.ieu unique et éternel.

Ses paroles et celles des prophètes qui vinrent ensuite, allaient investir le Temple et la cité de Jérusalem, la colline de Sion, d’un caractère sacré absolument unique, source de la religion juive et centre d’inspiration de la nation juive, qui devait subsister longtemps après que le bâtiment du Temple eut été détruit et, à travers tous les siècles d’exil juif, demeurer jusqu’à nos jours.

Ainsi, durant les 80 premières années du 10e siècle avant Yeshoua/Jésus-Christ, couvrant les règnes de David et de Salomon, la nation d’Israël réalisa son unité et atteignit le sommet de sa gloire. Les tribus d’Israël formaient désormais la nation d’Israël, et elles étaient en pleine possession de la terre d’Israël qui avait été promise aux patriarches.

L’entreprise historique de résistance, de liberté et d’indépendance lancée par Moïse avait été menée à bien. La nation et la foi étaient intégrées, et toutes deux étaient désormais indissolublement liées à Sion. Ce lien, tant physique que spirituel, devait durer, et demeurer, trois mille ans plus tard, aussi vibrant qu’il l’était alors.

Le royaume divisé

Mais cela ne s’annonçait guère ainsi en 922 avant Yeshoua/Jésus-Christ, lorsque mourut Salomon, car à sa mort tout se disloqua.

Personne à l’époque n’aurait prédit que les Juifs pourraient survivre en tant que peuple possédant une identité et une foi spécifiques. L’effondrement du royaume unifié était dû, dans une assez large mesure, à Salomon lui-même.

Tout grand qu’il était, il avait ses faiblesses, et il fit preuve d’un singulier manque de prévoyance dans sa brutale politique fiscale et ses exorbitantes exigences de travail forcé pour ses chantiers de construction.

Salomon avait été assez fort cependant pour tenir en échec les groupes de mécontents. Mais à sa mort, le royaume éclata en deux. Les tribus du nord se révoltèrent, firent sécession et fondèrent leur propre Etat tronqué, appelé Juda, qui continua la lignée davidique.

A la place du précédent royaume unifié et vigoureux, il y avait à présent deux petits Etats, faibles et querelleurs, et qui, durant les cinquante ans qui suivirent, se firent la guerre de ânière intermittente. Ce conflit civil ne pouvait avantager et arranger que leurs voisins hostiles, et les territoires qui avaient fait partie de l’empire d’Israël et avaient été soumis à tribut sous David et Salomon, reprirent leur liberté.

La prospérité politique, économique et spirituelle tant d’Israël que de Juda, connut le déclin, le laxisme moral et le penchant à l’idolâtrie (marqués dans le royaume du nord).

Il fallut attendre le règne d’Omri, qui monta sur le trône d’Israël dans les dernières années du roi Asa de Juda, pour voir se dessiner un rapprochement entre les deux branches rivales de la souche israélite.

Omri

Ce fut Omri qui décida de fonder en Israël une capitale qui pût, du moins sur le plan temporel, rivaliser avec Jérusalem, la capitale du royaume de Juda.

« Il acquit de Shémer sa montagne pour deux talents d’argent ; il y construisit une ville que, d’après le nom de Shémer, possesseur de la montagne, il appela Samarie » (1 Rois 16:24)

Rebaptisée Sébasè par Hérode neuf siècles plus tard, elle était située sur la face ouest du mont Ephraïm, près de Sichem (aujourd’hui Naplouse), et commandait le principal passage de la région vers la côte méditerranéenne. Sur ce noble site, Omri et son successeur Achab, réalisèrent de magnifiques travaux de construction, dont on peut voir les vestiges aujourd’hui.

Omri s’efforça de ranimer les destinées matérielles, sinon religieuses, de son peuple, et il lui fallait pour cela le calme sur ses frontières. De plus, s’il pouvait conclure un pacte de non-agression avec son voisin du sud, Juda, cela diminuerait le risque d’attaque par son voisin du nord, la Syrie. Cependant, ni lui ni Asa ne vécurent assez longtemps pour achever leurs arrangements de paix.

Achab d’Israël et Josephat de Juda

Celle-ci fut conclue par leurs fils, Achab d’Israël et Josephat de Juda. En dépit de leurs différences de caractère, et de vue spirituelles, tous deux, pour des raisons personnelles, voulaient la fin des hostilités, et « Joséphat fut en paix avec le roi d’Israël » (1 Rois 22:45).

Au cours des 24 ans de son règne sur Juda, Josephat se révéla d’une excellente influence. ce fut un roi pieux qui fit progresser la cause de la justice à tracer toute la terre de Juda.

Par un violent contraste, le royaume d’Israël, durant les 19 années du règne d’Achab, vit partout sévir d’injustice et s’étaler le paganisme. Pour renforcer sa politique d’établissement de liens commerciaux étroits avec la Phénicie, Omri avait arrangé le mariage de son fils Achab avec Jézabel, fille du roi des Sidoniens (1 Rois 26:31).

Jézabel était une adoratrice du dieu phénicien Baal-Melkart et d’Achéra. Lorsqu’elle se maria, on lui permit d’amer avec elle les images de ses divinités, ses prêtres et ses serviteurs, et de continuer ses pratiques religieuses en Israël. Dans ce but, Achab « lui dressa un autel dans le temple de Baal qu’il construisit à Samarie » (1 Rois 26:32).

Et lorsque Jézabel devint reine, elle assura un statut officiel aux centaines de prophètes de Baal et d’Achéra, et les garda comme membres de sa maison. Elle avait manifestement une personnalité dominatrice et était déterminée à imposer ses dieux étrangers et ses coutumes païennes à la cour et au pays, grâce à l’appui ou à la passive indifférence d’Achab.

Les pieux Israélites furent persécutés, des prêtres qui protestaient exécutés, contraints de se cacher ou expulsés.

Le triomphe d’Elie

C’est sur cet arrière-plan de tension religieuse, au moment où la foi d’Israël courait le plus grave danger d’être étouffée par le paganisme, et la nation de s’effriter par assimilation aux groupes païens qui l’entouraient, qu’entre en scène le prophète Elie, ralliant les pieux et les hésitants, provoquant une confrontation au sommet entre les tenants de Baal et les tenants de D.ieu, empêchant l’influence de Jézabel de se répandre davantage et préservant la suprématie de la foi hébraïque.

Le triomphe d’Elie symbolise la victoire du monothéisme dans sa lutte constante contre les séduisantes et érosives tentations du paganisme.

Il nous apparaît pour la première fois, personnage hirsute et sauvage, vêtu d’un pagne et d’un capuchon, se ruant en présence du roi Achab, l’accablant d’amères paroles et proférant des menaces de malédiction :

« Par Yahvé vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci, ni rosée, ni pluie, sauf à mon commandement » (1 Rois 17:1)

Avant que le roi surpris n’ait pu le faire arrêter, Elie s’enfuit, se hâtant vers l’est et traversant le Jourdain pour se mettre hors de portée de la vengeresse Jézabel.

De ses jeunes années, nous ne savons rien.

La Bible nous dit seulement qu’il était Elie le Tishbite de Tishbé en Galaad, le district montagneux à l’est du Jourdain.

Après s’être lui-même invité à cette première dramatique audience avec le roi Achab, il alla se cacher près du torrent de Kerit, jusqu’à ce qu’il fût à sec, car il n’y avait pas eu de pluie dans le pays (1 Rois 17:5-7). Cela allait devenir une pratique habituelle, après chacune de ses orageuses sorties. La grave sécheresse qui devait s’abattre sur le pays venait de commencer.

Les épisodes bibliques suivants nous montrent Elie comme l’instrument de miracles divins.

Le Seigneur lui ayant dit de traverser la frontière phénicienne et d’aller jusqu’à Sarepta, un village côtier méditerranéen à quelques kilomètres au sud de Sidon, où D.ieu ordonne à une veuve de lui donner à manger (1 Rois 17:9).

Elie trouve la pauvre femme en train de ramasser du bois mais elle n’a que le strict nécessaire pour manger. Tout ce qu’elle possède, c’est un peu de farine dans une jarre et un peu d’huile dans une cruche, et elle est en train de ramasser de quoi faire cuire un dernier repas pour elle-même et son jeune fils, avant de mourir de faim.

Elie la rassure, et la farine et l’huile durent pour les nourrir tous trois jusqu’à la fin de la sécheresse. Elie logeait avec eux dans une pièce à l’étage et, un jour l’enfant tomba malade et mourut. La mère était éperdue de douleur. Elie recueillit l’enfant, le porta dans sa chambre et l’étendit sur son propre lit. Il s’allongea ensuite par trois fois sur le corps de l’enfant en priant D.ieu de le ramener à la vie. L’enfant ressuscita.

Un miracle semblable, mettant en scène Elisée, est rapporté dans 2 Rois 4.

Puis survint la confrontation cruciale avec les faux prophètes de Jézabel.

Lorsque la sécheresse, déjà dans sa troisième année, était sur le point de s’achever, Elie reçut du Seigneur l’ordre de quitter Sarepta pour le royaume d’Israël, et d’aller à nouveau affronter Achab.

En entrant en Samarie, Elie tomba sur Obadyahu, le maître du palais, que le roi Achab avait envoyé en reconnaissance à travers le pays brûlé par la sécheresse, pour tenter de trouver quelque carré de pâture encore vert.

Homme pieux (il avait caché et sauvé une centaine de prêtres dont Jézabel avait ordonné l’exécution et il était empli de révérence pour Elie), Obadyahu dit au prophète qu’il était recherché (le roi avait tout fait pour lui mettre la main dessus), et lui donna à entendre qu’il aurait intérêt à prendre le large.

Il fut horrifié lorsque Elie lui répliqua que, loin d’avoir l’intention de se sauver, il venait tout spécialement pour voir le roi, et plus encore lorsque Elie lui demanda de faire savoir à Achab qu’il arrivait.

Obadyahu craignait qu’une telle mission ne lui coutât la vie, et il fallut beaucoup de persuasion pour qu’il se résignât finalement à accepter.

Achab vint au devant d’Elie avec ces mots : « Te voilà, toi, le fléau d’Israël ! ».

Elie rétorqua :

« Ce n’est pas moi le fléau d’Israël, mais c’est toi et ta famille parce que vous avez abandonné Yahvé et que tu as suivi les baals ! » (1 Rois 18:17-18)

On peut se demander pourquoi Achab se donna la peine de lui adresser la parole au lieu de le faire arrêter et exécuter comme il en avait l’intention.

Il est évident cependant qu’Achab était au désespoir en raison de cette sécheresse qui n’en finissait pas. Les récoltes étaient perdues, les gens mouraient de faim, les boeufs et les brebis crevaient. L’homme qui l’avait prévenu que cela allait arriver était ce pêcheur dépenaillé, mais redoutable et saint, et il était bien vrai qu’il avait ensuite cherché à punir ce messager de malédiction, et ce véhément dénonciateur de l’idolâtrie.

Mais Achab était manifestement indifférent en matière de religion ; et bien qu’il n’eût rien fait pour mettre un terme au paganisme de sa femme, qu’il lui eût permis de garder auprès d’elle les prêtres de ses divinités, et n’eût pas contrecarré ses sentences de mort contre des prêtres hébreux, lui-même n’était pour autant pas un missionnaire de baal.

Quant à son attitude vis-à-vis de la foi d’Israël, elle était plus indifférente que franchement hostile. Après tout, il conservait Obadyahu comme maître du palais, bien qu’il eût dû certainement connaître les vues religieuses que ce fonctionnaire professait en privé.

En entendant alors parler Elie, et complètement désarmé devant la sécheresse, il peut avoir pensé que le messager de malédiction pouvait aussi se révéler messager d’espoir.

Ce fut dans cette disposition d’esprit qu’il écouta et accepta la proposition qu’Elie venait lui faire, laquelle visait essentiellement à se servir de la crise née de la sécheresse comme d’un prétexte pour se mesurer avec la paganisme, et lui porter un coup décisif.

Elie demanda au roi Achab d’organiser un rassemblement de masse au sommet du mont Carmel, pour assister à une épreuve de force entre D.ieu (représenté par Elie lui-même) et baal (représenté par les 850 prêtres amenés de Phénicie dans le royaume d’Israël).

Duel avec baal

Lorsque tout le peuple fut assemblé sur le mont Carmel, Elie, s’adressant en premier lieu aux hésitants, s’écria :

« Jusqu’à quand clocherez-vous sur deux jarrets ? Si Yahvé est Dieu, suivez-le ! si c’est baal, suivez-le ! » (1 Rois 18:2)

Il proposa ensuite que tous les prêtres païens choisissent un taureau et le placent sur du bois, et lui Elie, ferait de même et, « vous invoquerez le nom de votre dieu et moi j’invoquerai le nom de Yahvé« , et celui des deux dieux qui répondra par le feu, « c’est celui là qui sera Dieu ».

L’épreuve commença le matin de bonne heure. Les prêtres invoquaient leur divinité, et lorsque rien ne se produisit, ils se mirent à sauter frénétiquement autour de leur autel, se tailladant « avec des épées et des lances » et conjurant leur baal de répondre à leurs supplications, « mais il n’y eut ni voix, ni réponse, ni signe d’attention » (1 Rois 18:29).

La populace attendait, haletante, et Elie, méprisant, à l’adresse des faux prophètes, railla :

« Criez plus fort car c’est un dieu ; il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage, peut-être il dort et il se réveillera ! » (1 Rois 18:27)

Ces sarcasmes incitèrent les prêtres de baal à un furieux redoublement de mutilations et de paroles incohérentes, mais sans résultat.

Alors, Elie demanda au peuple de s’approcher plus près. Pour souligner encore la grandeur du pouvoir de D.ieu, il rendit le combat plus inégal encore, en noyant d’eau son autel. Il se tourna ensuite vers le ciel et s’écria :

« Réponds-moi ô Yahvé ! Réponds-moi pour que tout ce peuple sache que c’est Toi, Yahvé, qui es Dieu et qui convertis leur coeur ! »

Brusquement, l’autel fut enveloppé de flammes, et tout fut consumé. De l’assemblée frappée de stupeur jaillit un cri : « C’est Yahvé qui est Dieu ! C’est Yahvé qui est Dieu ! » (1 Rois 18:39)

Elie s’empressa de tirer profit du choc révolutionnaire sur la foule : « Saisissez les prophètes de baal ! » rugit-il, « que pas un d’eux ne s’échappe ! ». Les prêtres païens furent traînés de force jusqu’au torrent de Qishôn, et égorgés.

Le roi Achab avait été le témoin muet de ces dramatiques événements, sans faire le moindre geste pour intervenir. Elie vînt alors lui dire qu’il pouvait entendre le « grondement de la pluie ». La sécheresse était sur le point de prendre fin.

Le prophète monta à la cime du Carmel, et envoya sept fois son serviteur jusqu’à un point d’où il pouvait observer le ciel au-dessus la mer. A la septième fois, le serviteur revint lui dire : « Voici un nuage, petit comme une main d’homme, qui monte de la mer » (1 Rois 18:44).

Elie l’envoya alors dire à Achab de préparer son char et de rentrer chez lui avant que les pluies ne l’en empêchent. Achab obéit et prit le chemin de sa résidence d’hiver dans la vallée de Yizréel. Les cieux devinrent soudainement noirs de nuages, et des pluies torrentielles se mirent à tomber.

Avec sa longue barrière de pentes orientées vers la mer, le mont Carmel est en effet le premier des sommets d’Israël que rencontrent les pluies. C’est un massif imposant, couvert d’yeuses (chênes verts), de caroubiers et de garrigues, émaillé au printemps d’une profusion de fleurs, ses cimes offrant à l’ouest de superbes panoramas sur la mer, avec à l’est Yizréel et au nord les collines de Galilée.

Aucun site n’était mieux choisi pour voir se dérouler la décisive bataille de l’esprit, assister au triomphe de la foi d’Elie et à la déroute du paganisme envahissant qui avait menacé de l’écraser.

Une petite voix

Elie avait joué le rôle-clé de sa vie de prophète, mais ses jours étaient en danger.

Car, à peine arrivé au palais, le roi Achab avait fait à Jézabel le récit des fantastiques événements du Carmel, et la reine s’était juré de faire égorger Elie dans les 24h, comme l’avaient été ses prophètes.

Elie prit la fuite, se dirigeant au sud vers Bersabée, où il laissa son serviteur, pour continuer seul son chemin dans le désert du Sinaï. Après un jour et une nuit d’épuisement et de découragement, se demandant s’il était bien utile de continuer à vivre dans un monde empli de tant de méchancetés, un ange vint le toucher, et il trouva miraculeusement à côté de lui « une galette cuite sur les pierres et une gourde d’eau ».

Il secoua alors son apathie pour entreprendre un pèlerinage de quarante jours au mont Horeb, où Moïse avait reçu les Dix Commandements. Là, à la source de la foi hébraïque, où avait été accomplie l’Alliance entre D.ieu et les Israélites, Elie espérait ranimer son esprit et renouer avec la parole de D.ieu à travers une révélation personnelle.

Le récit biblique de la divine rencontre d’Elie nous permet de dégager une nuance essentielle qui devait avoir une influence durable sur la religion juive.

Il gravissait les pentes rocailleuses vers le sommet du Sinaï pour rencontrer la présence divine, lorsque soudain :

  1. se leva un ouragan d’une telle force qu’il sembla fendre le roc, mais « Yahvé n’était pas dans l’ouragan »
  2. survint un tremblement de terre mais « Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre »
  3. suivit un feu mais « Yahvé n’était pas dans le feu »

Mais après le feu, se fit entendre le « bruit d’une brise légère« . Et dès qu’Elie l’entendit, il se voila le visage avec son manteau (1 Rois 19:11-13).

Alors, « une petite voix lui parvint » et c’était cette « petite voix », la voix de D.ieu, qui était l’essence spirituelle de la religion, et non pas le phénomène extérieur des éléments, eux-mêmes soumis au pouvoir de D.ieu.

Cet aspect spirituel avait toujours été présent, depuis l’époque de Moïse ; mais il avait été latent. De ce jour, on allait y insister de plus en plus.

Du Sinaï, Elie se rendit sur instructions divines à Damas, chargé d’une mission politique révolutionnaire, qui présageait le renversement de la maison d’Omri et d’Achab.

A son retour, en traversant la vallée du Jourdain, il rencontra un jeune homme, Elisée, à Abel-Méhola où il était en train de labourer le champ de son père. Le jeune homme quitta charrue et famille, et suivit Elie pendant tout le restant de la vie du prophète.

La vigne de Nabot

L’épisode mémorable au cours duquel Elie nous apparaît comme le champion de la justice, dénonçant amèrement la malignité de l’homme envers D.ieu et de l’homme envers l’homme, même lorsque l’offenseur est le roi, se rapporte à la cruelle acquisition de la vigne de Nabot (1 Rois 21).

Le roi Achab voulait une vigne qui se trouvait en bordure de sa propriété royale de Yizréel, mais son propriétaire Nabot, refusa de se dessaisir de l’héritage de ses pères.

Jézabel, se rappelant les pouvoirs illimités de la cour phénicienne où elle avait été élevée, était folle de rage que son mari, le roi d’Israël, ne pût obtenir ce qu’il voulait.

Aussi s’entendit-elle avec deux vauriens pour qu’ils accusent publiquement de blasphème Nabot, lequel fut inculpé et lapidé. Sa propriété revint alors à la couronne, et Achab en prit possession, sans le moindre murmure contre la manière d’agir de son épouse.

Lorsque la nouvelle parvint à Elie, il se précipita empli de fureur au palais et lança à Achab le fougueux reproche : « Haratzachta vegam yarashta ? » (tu as assassiné et de plus tu usurpes ?).

Elie prédit ensuite la malédiction de la dynastie. Quant à Achab, « à l’endroit où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang » ; quant à Jézabel, « les chiens la dévoreront  dans le champ d’Yizréel ».

Pour la première fois, nous voyons Achab réagir avec humilité, déchirant ses vêtements, s’habillant d’un sac et jeûnant. De tels signes de repentir lui vaudront un sursis de la malédiction d’Elie.

Les merveilles d’Elisée

Elisée avait une personnalité notablement différente de celle de son maître, doux (encore qu’il sût se montrer ferme lorsque c’était nécessaire), alors que son maître était énergique et sévère, et sociable, alors qu’Elie était un solitaire.

Mais il se montra tout aussi inébranlable dans sa condamnation du laxisme moral de son temps, et serviteur tout aussi fervent de la cause du Seigneur.

La Bible nous le présente poursuivant sa mission à travers l’accomplissement d’une série de miracles. Les eaux de la principale source de Jéricho étaient devenues malsaines, et il les assainit (2 Rois 19:22).

Comme son prédécesseur, il multiplie le contenu d’une unique jarre d’huile (2 Rois 4:1-7). Comme Elie encore, il rend la vie à un enfant mort (2 Rois 4:21-37). Lorsqu’il se produit une famine, il transforme les coloquintes sauvages et vénéneuses (sorte de courges) en un plat mangeable (2 Rois 4:38-44). Il soigne la lèpre du général araméen Naamân (2 Rois 5).

D’autres prodiges sont encore attribués à Elisée, quoique l’un d’entre eux ne puisse guère être rangé dans la même catégorie : il s’agit de l’épisode où il fit apparaître deux ourses qui sortirent du bois et écharpèrent une bande de jeunes garçons qui s’étaient moqué de lui en l’appelant « tondu » (2 Rois 2:23-24).

Elisée lui aussi eut affaire au roi d’Israël et il lui arriva d’être aussi sévère qu’Elie, mais jamais il ne fit d’entrée dramatique dans le palais ou sous la tente du roi, et les rencontres eurent lieu non pas sur son initiative mais sur celle du souverain.

La principale différence, cependant, réside dans le fait que, contrairement à Elie, qui était toujours en opposition avec le roi, Elisée se trouva le plus souvent venir à son aide, quoique parfois ouvertement de mauvais gré.

Les temps avaient changé, et les rois aussi. Achab était mort, tué à la bataille de Ramot de Galaad, et son corps avait été ramené sur son char pour être enterré à Samarie. Et on lava à grande eau son char à l’étang de Samarie, les chiens lapèrent le sang (1 Rois 22:38) comme l’avait prédit Elie.

Après le bref règne de son fils Ochozias, un autre de ses fils, Joram, monta sur le trône, et, bien que sa mère Jézabel fût encore en vie, le paganisme était moins prépondérant qu’il ne l’avait été du temps d’Achab. Cela était dû largement à l’oeuvre accomplie par Elie et, encouragées par lui, les forces opposées à baal étaient devenues de plus en plus agissantes.

Joram était sensible à ce changement et, s’il n’introduisit aucune réforme religieuse majeure, du moins il supprima la stèle de baal que son père avait faite (2 Rois 3:2). Elisée put ainsi coopérer avec lui plus qu’Elie n’aurait pu le faire avec Achab.

Par ailleurs, le danger d’invasion étrangère était à présent plus grand, et en de tels moments, les hommes pieux se montraient patriotes. En effet, les prêtres et les frères-prophètes (2 Rois 6:1) comptaient parmi les plus ardents patriotes. Lorsque le pays était menacé, ils accompagnaient les troupes en campagne. Elisée le fit aussi, et il dut certainement aider le roi et l’armée à vaincre l’ennemi.

Incidemment, les « frères-prophètes » étaient un groupe d’hommes pieux qui vivaient avec leurs familles sur le modèle communautaire, voués à D.ieu, et qui, comme Elisée, portaient une toison et un pagne de peau autour des reins (2 Rois 1-8).

Elisée partagea souvent la vie de telles communautés, notamment celles qui se trouvaient dans le voisinage de Gilgal, dans la plaine de Jéricho. Néanmoins, leur loyalisme allait à leur pays et à leur foi, basé qu’il était sur l’Alliance avec D.ieu. Chaque fois qu’ils avaient l’impression que cette Alliance était ignorée ou abrogée par le roi, ils ne manquaient jamais de le critiquer voire (comme Elisée en vint à le faire avec Joram) de déclencher contre lui une action révolutionnaire.

Une entrevue avec le roi

Le récit biblique situe la première rencontre entre Elisée et le roi à l’époque où Joram d’Israël avait uni ses forces avec celles de Josaphat de Juda pour marcher contre Moab.

Les deux souverains avaient résolu de surprendre à revers les Moabites, en empruntant un chemin détourné à travers le désert d’Edom (dont le roi était leur allié), et ils se trouvèrent à court d’eau.

Josaphat demanda s’il n’y avait pas un prophète du Seigneur pour les aider, et quelqu’un dit qu’Elisée accompagnait les troupes. Les deux rois sortirent pour le trouver et lui exposer leur problème.

La première réaction d’Elisée fut de se tourner vers Joram en disant : « Qu’ai-je à faire avec toi ? Va trouver les prophètes de ton père et de ta mère ! » (2 Rois 3:13). Car il ne pouvait passer sous silence la tolérance du roi vis-à-vis des divinités de Jézabel, ni l’influence de cette dernière, quelque affaiblie qu’elle fût. Et, bien qu’il fût naturellement résolu à sauver l’armée, il ne voulait pas avoir l’air d’accéder à la requête d’un fils de païen pas trop repentant.

Elisée lui déclara donc qu’il était prêt à lui accorder son aide par respect pour le vertueux roi de Juda : « Si je n’avais égard au roi de Juda, je ne ferais pas attention à toi, je ne te regarderais même ». Il formula ensuite une prédiction optimiste, et au matin, le fleuve à sec la veille s’était empli d’eau, et hommes et bêtes purent étancher leur soif.

Le soleil de l’aurore sur la surface de l’eau y refléta une teinte de sang, et les troupes ennemies crurent que les alliés s’étaient brouillés et en étaient venus à se massacrer l’un l’autre. Elles foncèrent sans ordre sur le camp hébreu pour s’emparer du butin, et furent taillées en pièces.

Plus tard, lorsque les Araméens envahirent Israël, le fait qu’Elisée connût d’avance les mouvements de l’ennemi et les transmît au roi, contribua grandement à sauver le pays.

Soit par des pouvoirs surnaturels, soit grâce à des informations reçues par l’intermédiaire des groupes de prophètes, Elisée semblait savoir d’avance où le roi d’Aram établissait son camp et quelles villes il projetait d’attaquer. Il transmettait ces informations aux troupes d’Israël, qui agissaient en conséquence. Elles se montrèrent apparemment si efficaces que le roi ennemi pensa qu’il y avait un espion dans ses rangs. Mais un officier lui dit que c’était « Elisée, le prophète d’Israël, qui révèle au roi d’Israël les paroles que tu prononces dans ta chambre à coucher » (2 Rois 6:12).

Elisée, à cette époque, se trouvait à Dotân, à une quinzaine de kilomètres au nord de Samarie, et le roi d’Aram y expédia une unité avec mission de le capturer. Elisée invoqua le Seigneur et ceux qui devaient s’emparer de lui furent frappés de cécité. Le prophète Elisée alla alors vers eux, leur offrit de leur servir de guide, et leur promit de les mener à l’homme qu’ils cherchaient.

Il les conduisit ensuite droit sur Samarie, où il les remit au roi, qui voulait les tuer. Mais Elisée conseilla la clémence, et après leur avoir donné à manger, on leur permit de regagner sans ennuis leurs quartiers. Ce sage acte politique valut un répit aux Israélites.

Plus tard encore, lorsque les Araméens envahirent à nouveau Israël, ils réussirent à pénétrer jusque devant Samarie, la capitale, et y mirent le siège. Le peuple en ville mourait de faim, et le roi en faisait retomber la faute sur Elisée, qui leur avait dit d’avoir confiance dans le Seigneur.

Au moment critique, alors que la situation était désespérée et la ville près de capituler, les Araméens disparurent brusquement. Sur l’intervention d’Elisée, le Seigneur avait fait qu’ils crussent entendre, dans la nuit, la rumeur d’une grande armée marchant contre eux.

Incapables de s’expliquer cet imaginaire brouhaha, ils avaient pensé que c’était une armée de troupes anatoliennes et égyptiennes qui, probablement, avaient dû conclure une alliance avec Israël. Craignant d’être surpassés en nombre, ils s’étaient enfuis en désordre.

Comme nous l’avons vu, aussi longtemps que Joram fut sur le trône et le pays menacé, Elisée et ses pieux partisans soutinrent le roi contre l’envahisseur. Mais, à aucun moment, ils ne renoncèrent à critiquer la politique intérieure de Joram. Ce n’était ni un chef dans la tradition de l’Alliance, ni un ferme défenseur des lois de l’Alliance.

Au contraire, il n’avait rien fait pour écraser le culte païen, sa mère Jézabel était toujours libre et active, et lui-même comme les membres privilégiés de sa maison étaient plus attirés par a permissivité, la décadence et le luxe d’une cour phénicienne que par les sévères, austères et moraux principes qu’on attendait des leaders d’Israël.

Une part des critiques formulées par les prophètes trouva un écho dans les ranges de l’armée et cela, joint à l’insatisfaction des officiers devant la manière inefficace dont était menée la guerre contre les Araméens (Joram n’était à l’évidence ni un Saül ni un David), fit lever un ferment révolutionnaire parmi les cadres de l’armée.

Elisée, dans sa fidélité non point envers le pays et le roi, mais envers le pays et la foi, s’y montra favorable, et entièrement disposé à saisir toute occasion de remplacer Joram.

Au beau milieu d’une campagne, alors qu’Israël avait établi son camp contre les Araméens à Ramot de Galaad, profitant de ce que le roi était alité (il avait été blessé), l’un des généraux d’Israël, éperonné par Elisée, prit la tête d’une révolte armée, et réussit un coup d’état.

Joram et sa mère furent tués, et la dynastie d’Omri et d’Achab fut balayée, en accomplissement de la prophétie d’Elie. Les prostitutions et les sorcelleries de Jézabel furent abolies, les temples païens détruits, leurs prêtres et leurs adorateurs mis à mort, et le culte de baal et d’achéra fut extirpé.

Elie et Elisée, fougueux soldats de Dieu

Les deux prophètes du 9e siècle avant Yeshoua/Jésus-Christ, notamment Elie, comptent au nombre des prophètes de la Bible qui ont le plus de couleur et de relief.

Ils furent les soldats de D.ieu, combattant l’idolâtrie païenne. Ils réprimandèrent les rois, défendirent les opprimés, et contribuèrent de manière unique au développement moral de la nation, en ces premiers temps de monarchie divisée.

Ils furent d’étranges prophètes, différents de tous ceux qui vinrent avant ou après eux.

Aucun des deux n’aurait pu revendiquer les qualités d’homme d’état de leurs prédécesseurs. Les affaires d’état n’étaient pas leur style.

Ni l’un ni l’autre non plus n’était possédé du génie poétique de leurs successeurs, encore qu’en certaines circonstances Elie eût utilisé les mots d’une manière que ne devaient égaler que les plus grands stylistes de la Bible.

Tous deux avaient un tempérament de feu, tous deux étaient des volcans de fanatisme, et c’était exactement ce qu’il fallait à cette époque, pour arracher le peuple à son ambivalence et à sa vanité.

Elie demeure aujourd’hui l’un des grands héros de la tradition nationale. Et, plus peut-être que n’importe quel prophète de l’Ancienne Alliance/Ancien Testament, il grade encore une vivante emprise sur l’esprit du public ; il est même le sujet de chansons populaires chantées dans la moderne Israël.

Dans la tradition juive, Elie continue à errer de par la terre, à réapparaître comme l’annonciateur du Messie et de la Rédemption de l’homme.

La tradition est longue, et était probablement bien ancrée même à l’époque biblique, car sa réapparition est mentionnée dans les Ecritures, comme nous le voyons chez Malachie, prophète du 6e siècle :

« Voici que Je vais vous envoyer Elie le prophète avant que n’arrive Mon Jour, grand et redoutable » (Malachie 3:23)

Aujourd’hui, au seder de la Pâque célébrée par les Juifs dans le monde entier, une coupe de vin supplémentaire est versée pour Elie, et la porte reste ouverte, pour le cas où il entrerait.

A suivre : Isaïe, le génie visionnaire

 

Notes

Extrait du livre « Dans les pas des Prophètes » de Moshe Pearlman. 

Moshe Pearlman (1911-1986)

Il a d’abord travaillé comme journaliste et a émigré en Israël, où il rejoint l’armée du nouvel État. De 1948 à 1952, il fut le premier porte-parole de l’armée israélienne.

Soldat, diplomate et écrivain israélien, il a arrêté Adolf Eichmann en 1960.