Le temps de l’Omer, par Emmanuel Rodriguez

Pessah est le passage de la mort à la Vie.

Il nous introduit dans un itinéraire très important, que nous ne pouvons pas éviter, et qui nous conduit jusqu’à Shavouoth : le temps de l’Omer.

Ce temps dure 49 jours, et chaque jour compte, pour nous rapprocher ou nous éloigner de D.ieu.

La leçon de l’Omer

Quand Yeshoua/Jésus-Christ rencontre un certain jeune homme ayant des richesses, voyant son cœur, il l’aime, c’est-à-dire qu’il s’attache à lui. Pourtant, à la réponse que donne Yeshoua à sa question, le jeune homme se détache.

Sa pratique était évaluée comme étant juste, par le Rav Yeshoua.

C’est là la leçon de l’Omer : se détacher de ce que l’on désire, possède, et qu’il nous est impossible de quitter. Car tout le but de Shavouoth est de d’apporter une offrande nouvelle.

Qu’est-ce que devenir un homme nouveau, dans la pensée d’Israël ?

Le temps de l’Omer nous amène à réfléchir au sens profond des deux fêtes qui l’encadrent :

  • Yom Habikourim, qui ouvre le décompte, est liée à la résurrection de Yeshoua Hamashia’h
  • Shavouoth, qui clôture la période, nous parle du Règne du Messie.

C’est un temps de formation du Corps du Messie, dans un niveau du souffle fort.

Il est écrit que le niveau le plus élevé du combat spirituel est celui qui combat la mort, pour l’avènement de l’Homme Nouveau, l’Homme de la Résurrection.

Et lorsqu’il est fait référence au dernier ennemi à vaincre, le défi n’est pas individuel, mais il est lancé à tout le Corps du Messie.

Ehoud – littéralement, en hébreu celui dont la louange est le père – a combattu dans une période de déclin d’Israël, où la dimension du Corps s’étiolait en même temps que l’emouna, pour éclater en quelque chose de plus en plus individuel et affaibli.

Ruth et Orpa représentent également deux dimensions du combat spirituel pour le futur.

Le corps du Messie dans les temps de la fin

Shavouot, 49 jours de purification et de sanctification pour arriver au 50ème

La sortie de l’Egypte a marqué une première étape dans la fin de l’esclavage.

Mais dans la pensée d’Israël, la libération correspond à un très haut niveau spirituel, et le temps de l’Omer est l’occasion d’un travail quotidien et particulier de l’âme dans la perspective de cet aboutissement.

Retour aux sources

Quels sont l’origine et le sens, de cette quête d’une âme nouvelle à Shavouot ?

Tout part de la fête de Yom HaBikourim (Lévitique 23:9-14), aussi appelée Fête des Prémices.

Habikourim vient de la racine Bekhor qui signifie littéralement premier né.

Le décompte de l’Omer se dit en hébreu : Sifrat HaOmer, ce qui est plus qu’un décompte, mais la promesse de ce qui vient.

Dans cette fin du temps des Nations, quel Corps sommes-nous appelés à construire ? Pour répondre à quel appel et quelle mission de D.ieu ?

Du statut d’enfant à celui de Fils

Quel est le lieu de naissance de l’expression Bné Yisraël (Fils d’Israël), quelle en est la source dans la Bible ?

Tout remonte au passsage clef du combat de Yaacov/Jacob avec l’ange.

Le statut de Fils est différent de celui de l’enfant, et le cheminement de l’âme dans le temps de l’Omer, renvoie à un travail sur soi et à une croissance de l’être.

Parallèlement, le Mishkan (tabernacle) offre une image du Corps spirituel.

De même que dans le corps physique, la tête est reliée au buste par le cou, l’identité de Mashia’h doit s’exprimer en nous par la voix.

Quelle identité, quelle signification donner au Corps de Mashia’h dans les temps de la fin ?

La naissance d’une nation, Israël

Le temps de l’Omer a été celui de la naissance d’une nation – Israël -, mais aussi de la formation d’un AM (= peuple en hébreu), d’une âme collective avec une identité et une orientation particulières.

Le texte biblique parle d’ailleurs moins d’un peuple, que des Bné Yisrael, c’est-à-dire des Fils.

Deux ans après la sortie d’Egypte eut lieu l’inauguration du Mishkan (tabernacle), à Shemini (8ème jour), dont l’organisation et le fonctionnement ont été un modèle pour la construction de l’âme et le service avec D.ieu.

Si le chiffre 7 nous parle de la Création, le 8 est hors du champ de la connaissance humaine, et renvoie à la dimension de Mashia’h et du Royaume de D.ieu.

La construction d’une identité nouvelle

Après la délivrance des égyptiens, Israël va devoir apprendre à construire son identité.

Délivrance n’est pas liberté.

Dans la pensée juive, cette construction passe par cinq niveaux de l’âme, qui sont autant d’étapes à franchir pour atteindre la nature de ce que Paul (Shaül de Tarse) appelle l’Homme Nouveau.

Devenir cet Homme Nouveau est donc l’itinéraire du temps de l’Omer, celui d’une âme accomplie dans le Messie.

A Pessah, l’Eternel a ouvert un itinéraire inédit et marqué un point de départ.

Quitter pour être, dans une nouvelle identité, tel est le cheminement du temps de l’Omer.

Plus que de prier (« Seigneur, change-moi… »), c’est de combattre dont il s’agit.

Il faut abandonner, annuler la vie de l’animalité qui est en nous, toute chose ancienne devenue habitude ou ancrée dans notre inconscient et laisser D.ieu créer en nous.

Notre âme doit devenir la lumière de D.ieu.

La Menorah, symbole de l’Esprit, offre un modèle à atteindre en ces temps particuliers, mais notre marche et l’état de nos cœurs sont décisifs, plus que les choix initiaux de D.ieu et la quantité d’huile dont Celui-ci peut nous avoir doté au départ.

Laisser Mashiah être notre vie – et non pas une raison de vivre -, et nous aider à intégrer les dimensions de la Menorah, est au cœur du cheminement de l’Omer.

Le Tabernacle et ce temps de l’Omer nous enseignent à devenir un pain azyme, pour nous éloigner de toute idolâtrie dans nos modes de pensée et de fonctionnement, pour nous conformer à celui du Mishkan, à l’exclusion de toute interprétation subjective ou de toute référence à des modèles d’inspiration libre.

Respecter l’appel du Maître doit rester la ligne.